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à l'occasion du cinquantième anniversaire de sa mort (1895 - 1970)

Jean GIONO, 

je ne suis pas  provençal, je suis né en Provence par hasard…

 "j'ai beau être né dans ce pays et l'avoir habité pendant 75 ans

Je l'ai parcouru dans tous les sens, à pied, à cheval, en voiture, 

je ne le connais pas!" 

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L'Ombre de l'occitan..

On sait que l'un des changements culturels majeurs qui auront affecté le Midi de la France au XXe siècle, aura été le recul progressif et massif de la langue propre à ce territoire, l'occitan dans ses différentes variantes dialectales, jusqu'à sa disparition quasi totale, sans que celle-ci, toutefois, comme on sait également, soit encore entièrement advenue de nos jours. 

Depuis plus de trente ans, Philippe GARDY explore ce petit continent largement submergé qu'est la littérature en langue occitane des époques modernes et contemporaines. Sa remarquable connaissance de la géographie de cet espace peu fréquenté, mais aussi du vaste domaine littéraire français, le conduit cette fois à interroger la trace diffuse, la présence évanescente, l'ombre laissé par cette langue occitane dans la création réaliste en français par quelques-uns des grands auteurs du XXe siècle originaires du Midi. Loin de n'être qu'un quelconque accessoire destiné à produire un effet de "couleur locale", l'occitan s'inscrit dans une cohérence qu'il n'est cependant pas toujours facile de restituer.

L'acte n'est pas neutre et au Xe siècle dire "patois" n'a bien sûr pas la même signification sociolinguistique que recourir au terme "occitan". Comment, nommer cette langue? "franco-patois" est une formule plaisante, mais il est aisé de voir en quoi elle relève du mythe personnel. La langue est belle et bien du "français" et même si d'autres, ont parlé qu'occitan jusqu'à l'âge de cinq ans, c'est dans un français qu'il s'expriment. Parallèlement et précisément pour toutes ces raisons, ce même patois fait l'objet d'un investissement affectif considérable, à la distance avec laquelle sont contemplés et commentés les nom "occitan" et "provençal", création artificielle dans laquelle Mistral, selon lui, n'a pas même conçu Mirèio.

La Provence de  GIONO est une Provence sombre, également, et c'est une Provence en "français", Ce gigantesque anachronisme, souvent relevé, s'explique par l'attitude profondément hostile, voir haineuse de Jean GIONO envers le Félibrige, Frédéric MISTRAL et le provençal. Le père de Mirèio est un "chantre de comice agricole, un barbichu à grand chapeau". Le provençal un "baragouin qui faisait se pâmer les vieux notaires  et énervait les cœurs doués". La  plupart, sinon la totalité des arguments de GIONO contre MISTRAL ou le provençal sont empruntés aux campagnes de presse, orchestrées contre le mouvement renaissantiste d'oc dans la seconde moitié du XIXe siècle.

Auparavant, son attitude à l'égard du provençal semble en fait  avoir été beaucoup moins offensive et on est très surpris de découvrir chez lui la trace non seulement de provençalisme en français, mais aussi de citations en provençal traduits en français.

(Source: GARDY, Philippe, l'ombre de l'occitan, des romanciers français à l'épreuve d'une autre langue, presses universitaires de Rennes, 2009    Texte rédigé par COUROUAU, Jean-Francois)

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"J'ai beau être né dans ce pays et l'avoir habité, mais je ne le connais pas..."

Jean Giono, a vu le jour le 30 mars 1895 à Manosque au cœur de la Provence dans le département des Basses Alpes. Issu d'une famille modeste. Son père, Jean-Antoine GIONO, d'origine italienne, piémontaise à la fois humain et idéaliste, tient une échoppe de cordonnier. Sa mère, Pauline POURCIN, née à Paris, d'origine picarde, dirigé un atelier de repassage. Fils unique, il portera le nom Jean Médéric GIONO. Médéric vient du latin "Medericus" était le nom le plus attribué vers 1900. Étymologie germanique "math" égal "force" ; "Madaric = respect" - "ric" égal roi- puissant. Aujourd'hui ce prénom est plutôt rare. 

"quant j'étais là, près de cette petite table de cordonnier, j'avais beau n'avoir que neuf à dix ans, je sentais profondément, sinon toute la gloire de cette maîtrise de la destinée, en tout cas toute la paix." (GIONO Jean, Jean le Bleu)

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"j'avais hérité de mon père un regard qui attirait les chiens perdus"  

-Quant le petit Jean ouvre ses yeux sur le monde en 1895, il est déjà le descendant de grands ambulatoires. son aïeul est probablement venu du Piémont, peut-être par le Queyras, peut-être par le col de Larche et de Barcelonnette, mais sûrement à pied. Ces chemin et sentiers étaient hantés nuit et jour par le piétinement furtif de voyageurs sans monture qui se hâtaient sur des centaines de kilomètres, poursuivies par la peur. Tous les héros de Giono marchent, souvent seul, quelquefois accompagnés d'un attelage.-  (MAGNAN, Pierre;  Les Promenades de Jean GIONO, les Années de Patience , Édition Chêne, 1994) 

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En 1900, il fait ses classes primaires dans une école de sœurs, puis il entre au collège en poursuivant ses études jusqu'en 1911.



"mais dès que le jour se lève, la plus extraordinaire diversité s'étale sous le soleil"

Ce pays, entre les Alpes et la Durance, entre la montagne de Lure, le Mont Ventoux et le Lubéron, ce pays forme un carré magique de la Provence. Tantôt âpres et sauvage, tantôt doux et serein. 

Nichée entre cinq collines plantées d'oliviers, de chêne verts et de pins, Manosque est non seulement un lieu de passage, mais aussi une terre d'accueil. Bâtie sur les contreforts du Lubéron au dessus de la plaine alluviale de la Durance. 

Sous l'empire romain, Manosque était, grâce à sa proximité de la Via Domitia, une ville marchande. La Via Domitia constituait dans l'antiquité un axe de communication rapide reliant  l'Italie à l'Espagne. Son but était militaire, mais très vite la voie favorisa la circulation de voyageurs, de marchands, d'idées de croyances et d'informations. 

Manosque, cernée par un rempart doté de quatre portes. On payait jadis la gabelle pour franchir la Porte "Saunerie" -vient du provençal "sau" = sel", construite en 1382 et symbole de la Liberté, est classée monument historique. Dominé par le Mont d'Or, d'où une vue superbe, et offre un panorama sur la Vielle Ville et ses toits patinés, le ruban du canal bordé de cultures et de vergers, en parallèle à la Durance. 

Des vastes horizons s'étendant sur le Lubéron, le Pic de la Sainte Victoire, la Sainte Baume, le Haut-Var, le mont d'Aiguines surplombant les Gorges du Verdon et les premiers contreforts des Alpes. À Manosque, Jean Giono était chez lui. Il y a passé toute sa vie et c'est en ce pays que l'auteur a créer une œuvre monumentale s'inspirant des chemins lumineux et de la nature avec laquelle il vivait en parfaite harmonie.

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La première promenade de Jean GIONO enfant, 

à huit ans, est la première qui compte, est longue de cinq kilomètres, pourvu d'une gourde de berger, solidement planté sur des jambes de douze ans, adorné d'un bâton pour faire pèlerin au long cours. Le portail Soubeyran affranchi, derrière la Ville, la route monte au flanc des vallons biens orientés du levant au couchant avec seulement quelques passages de pénombre pour accompagner la rêverie. 

Enfant insolite par son aspect, il devait aussi porter un grand chapeau pare-soleil, est le réceptacle d'un don étrange et qu'il consolera un jour tant et tant d'être l'enchantement de ses phrases et les arabesques de ses histoires. Et lui même ne le sait pas non plus. (MAGNAN, Pierre -Les Promenades de Jean GIONO, Les Années Patience, Édition Chêne, 1994) 

"ce beau sein rond au Levant et par la colline de Toutes-Aures au couchant est une colline, une tendresse qui rit dans la lumière - sa vielle terre ne porte que des vergers sombres. Au printemps, un amandier solitaire s'éclaire soudain d'un feu blanc, puis s'éteint. Du haut du ciel, le vent plonge, la flèche de ses mains jointes fend les nuages. D'un coup de talon, il écrase les arbres et il remonte. Parfois un aigle roux descend des Alpes, mais l'air des plaines proches ne le porte plus; il nage à grands coups d'aile et il crie comme un oiseau naufragé." - "Je ne pourrai jamais retrouver le vrai visage de ma terre: cet œil pur des enfants, je ne l'ai plus. Maintenant, la ligne où se fait juste le départ, la ligne au-delà de laquelle je cesse d'être moi pour devenir houle ondulée des collines"   (GIONO, Jean; -Manosque-des-Plateaux)


"j'était toujours plein de paille, des cheveux comme aux chaussettes, rouge comme une pomme, gluant de sueur et la blouse un peu déchirée. Je me composais un immense rêve vivant avec des sauts dans le foin, des tanières dans les gerbiers, de longues heures à guetter… heureusement j'avais le cœur tendre et, arrondissant mes lèvres en cul de poule, je sifflais tout le tendre de mon cœur. J'avais des gestes aimables pour les arbres, je ne cassais pas les branches, je ne cueillais pas de fleurs, les regardant seulement, me baissant pour les sentir, je ne jetais pas des pierres aux moineaux et je savais esquiver les ramures doucement, sans brutalité, en tournant un peu l'épaule…"  (GIONO, Jean, de Pan à Shakespeare)

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Manosque, à cette époque, était une ville appartenant au département des Basses Alpes, limitrophe de l'Italie, entouré par les départements des Alpes maritimes, du Var, de Vaucluse, de la Drôme et des Hautes Alpes. Alors que l'ouest du département est facile d'accès, grâce à de longues vallées orientées Ouest-Est, Jabron et Calavon et Nord-Sud, Durance, empruntées par des itinéraires préhistoriques et romains, le Centre et l'Est se caractérisent par leur enclavement.

Le département des Basses-Alpes, le "04" est l'un des 83 départements , créé à la Révolution française, le 04 mars 1790, en application de la loi du 22.12.1789. Il englobe le Nord-Est montagneuse de la Provence et a été amputé du Canton de Sault lors de la formation du Vaucluse en 1793, puis du Canton de Barcillonnette rattaché aux Hautes-Alpes en 1810, divisé en 5 Districts et en 30 Cantons: Digne - Forcalquier - Sisteron - Castellane - Barcelonnette avec comme chef-lieu Digne, 251 communes et d'un superficie de 6954 km². Dans les années soixante, plusieurs départements voulurent changer leur nom les termes 'inférieur' ou 'bas'  à connotation péjorative, étaient jugés inadéquats. Les Basses-Alpes sont donc devenues le département des Alpes-de-Haute-Provence

   -le Département des Alpes-de-Haute-Provence fêtera le 13 avril 2020 son 50e anniversaire- 

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"le "04", c'est un territoire réel, un département français, les Basses-Alpes. Nous montreront simplement sa beauté. On s'aperçoit d'abord que les Basses-Alpes n'étaient pas si basses. elles participent à la fois des gloires de la Provence et de la noblesse des montagnes. Leurs vallées, leurs collines, leurs plateaux ont ce double caractère, mais elles les confondent dans une âme personnelle. de leurs sources jaillissent d'innombrables torrents. Le plus beau est le Verdon. Il naît dans le pli des hautes pâtures. Il se déroule d'abord comme une couleuvre, dès ses premiers muscles, il fait apparaître tout de suite sa démarche héroïque. C'est un guerrier. Il tranche les montagnes, il s'ouvre un chemin dans le roc, c'est un souterrain. Il s'enfonce dans des ténèbres vertes qui épouvantent. Il traverse en bondissant les paysage de Dante. Enfin, dans le plat pays, il rencontre la Durance, et s'endort, embrassé dans les joncs. -les vols de corneilles vont chercher la solitude et les grandes étendues-." (GIONO, Jean, Provence Cadrages et itinéraires, 04; Éd. Galimard 1995)

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La Durance, son épine dorsal frotte ses eaux dans ses galets...

"la Durance prend sa source sur les sommets du Montgenèvre dans les Hautes-Alpes à l'endroit où nous la rencontrons, elle est entièrement haute-provençale. Elle a assez de rudesse, elle flâne, elle trotte et frotte ses eaux dans ses galets, mais quand l'orage gronde et elle gronde, elle se gonfle, elle déchire avec ses pattes brunies les terres de sa vallée".                         (GIONO, Jean, Vues d'ensemble)

La Durance, pendant des siècles, les ponts qui furent construits sur la Durance n'eurent qu'une existence éphémère, ne résistant que temporairement aux assauts répétés de la rivière. Impossible de construire des passages à gué: le lit constitué de galets, était  mouvant et traître. La vallée de la Durance est l'axe de communication naturel entre la Provence et les Alpes du Nord. Sisteron en constitue la porte, en descendant vers Manosque en passant par Forcalquier, la plus authentique des villes de Haute Provence.


"La Durance a mordu de ses eaux amères la grande montagne des Alpes. elle a scié les granits, elle a désagrégé les grès, elle a fondu les terres, emporté des arbres, les prés, les débris de ponta, une ferme ou deux avec les petits au berceau. De tous cela, elle a fait son lit:  la plaine. Elle a tassée durement en la battant de sa queue grise, la terre a eu peur." 

"Avant de recevoir l'Asse et le Verdon, elle a reçu la Bléone, et de ces trois torrents viennent des montagnes jansénistes. Elle a assez de rudesse et d'orgueil pour se noircir volontiers de toutes ses sévérités et cependant elle est là, couchée dans ses galets, molle et duvetée comme une branche de figuier. C'est que depuis Sisteron elle frotte les eaux contre sa rive  droite. combien de fois ne l'a-t-on pas vue s'enfuir vers le Vaucluse en emportant des lits, des berceaux, des attelages, des arbres et de la bonne terre. Sa vallée qui, en aval, débouche dans ce fameux Comtat, est près de Manosque, grasse comme un rognon de mouton. Après tant de déserts, tant de landes et de montagnes, c'est une longue oasis." (GIONO, Jean -Manosque-des-Plateaux" )

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Le plateau de Valensole était entièrement planté d'amandiers..

Au XIXème siècle, de nombreuses familles cultivaient déjà les amandiers sur le Plateau de Valensole et on pouvait d'ailleurs retrouver plusieurs variétés dans le même champs. L'exploitation des amandes était assez difficile, car le ramassage se faisait à la main jusque dans les années 50 où de nouvelles techniques firent leur apparition. 


Valensole et son plateau, de près de 12700 hectares est l'une des plus vastes communes de France. Surnommé 'grenier de la région', son plateau de 800Km2 est essentiellement consacré à la culture de la lavande et des céréales. Sa géologie possède un relief plan, d'un mélange de poudingue, argiles et marnes qui forme le complexe du plateau de Valensole.  Cette formation joue un rôle important pour la végétation, permettant l'alternance de zones arides et humides. Le Plateau de Valensole a  un riche potentiel de prairies constituant de plantes herbacées annuelles comme des orchidées. La garrigue buissonnante idéale pour les plantes aromatiques, le maquis, reste un domaine idéal pour les espèces arbustives souvent piquantes. 

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 "La lavande est l'âme de la haute Provence"  (Jean Giono)

Elle a toujours poussé naturellement sur les versants méridionaux de la Provence, du Mont Ventoux à la Montagne de Lure, elle a fleuri tout autant, depuis les Préalpes de Digne jusqu'au plateau de Valensole. Après la régression des cultures céréalières, la lavande s'est appropriée avec grâce les terres en friche de Provence. De son reflet bleu mithique si souvent évoqué, ses fleurs si belles accrochées aux vagues de la terre, elle froisse le flanc des collines et des plateaux. 

Les vertus de la lavande sont connues dès l'Antiquité où ses fleurs ont parfumé déjà l'eau des bains. au Moyen-Âge, on découvre son pouvoir désinfectant. Persuadé que les épidémies se propagent par l'odeur, on brûle d'énormes quantités de fleurs dans les rues, comme dans les maisons. Sous la Renaissance, avec la famille Médicis, se développe le commerce de son hule essentielle. Depuis, la plus provencale des fleurs  se décline dans nombre de produits, comme les tisanes ou comme aromate dans la fine cuisine locale.


Le plateau de Valensole est aussi un endroit où on retrouve des étendues de lavande, du lavandin en compagnie de blé dur. Aujourd'hui, l'un des lieux les plus importants en ce qui concerne la culture de la lavande. Implantée en France par les phocéens, elle a trouvé sa terre de prédilection en Provence grâce au climat favorisant sa productivité. (source: valensole-mairie) 

"au delà de la Durance, le plateau de Valensole, bleu et toujours pareil, ferme la plaine comme une barre de vieux bronze. Il est pour moi l'ami magnifique, mais il est mauvais compagnon de ce paysan des plaines. Il est jeteur de grêle, le porteur d'éclairs, le grand artisan des orages. Ce qui inquiète c'est le silence. Il est là-bas, il ne dit rien, il est muet. Il est quand même, pour moi, l'ami magnifique." (GIONO Jean, extrait Manosque-des-Plateaux)

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"mon premier voyage eut lieu en 1911, quand ma mère m'envoya au pèlerinage de 'l'aube' à Moustiers-Sainte-Marie. Jusque-là, je n'avais vu que les vergers d'oliviers autour de Manosque. Il s'agissait cette fois de traverser la Durance, de monter sur le plateau de Valensole et d'aller chercher de l'autre côté, dans des montagnes bleues, une petite chapelle perchée. On partait à six heures du soir, en septembre. 

Une heure après, le postillon fit descendre tous les voyageurs de voiture pour soulager les chevaux qu'abordaient au pas la rampe montant sur le plateau. 'entendis le bruit des forêts d'yeuses. J'étais à ce moment-là, nourrit d'Homère et des tragiques grecs. Ce froissement de cuirasses m'exalta…  Notre diligence arriva vers les trois heures du matin. On nous donna à chacun une torche de résine. J'allai allumer comme tout le monde à un grand feu de Saint-Jean et je pris rang dans la foule qui montait lentement les escaliers taillés dans le rocher"             (GIONO, Jean, Provence, j'ai beau être né dans ce pays, 1954)

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1911 Jean GIONO doit quitté le collège en seconde, pour travailler et ainsi aider financièrement ses parents, à la suite d'un accident de santé survenu à son père. Il entre au Comptoir national d'escompte comme garçon de banque à Manosque. 

Il cherche déjà à se cultiver en lisant énormément, c'est ainsi, en découvrant de grands auteurs classiques, qu'il va évoluer vers l'écriture. Dans son œuvre prône la révolte contre la société industrielle, capitaliste et vante les valeurs rurales, humaines, écologiques et surtout pacifistes. 

Il se passionne pour les auteurs grecs, notamment Virgile, Homère, Dante, Cervantes, Shakespeare, Baudelaire, Stendhal et Flaubert. 

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"il suffisait d'être à proximité d'un mystère pour qu'aussitôt je devienne l'enfant-silence"

"depuis le haut de la Colline, c'est le pays sur lequel se sont éboulées les Alpes, les collines d'altitude moyenne, puis ils se haussent peu à peu en plateaux d'origine glaciaire, puis en véritables montagnes : le Ventoux, le Lure, et aux endroits mal définis, le Piémont et le Dauphiné aux sommets avoisinants les 3000m. Entourés du silence, le désert, la solitude. Les montagnes en place sur tout le pourtour de l'horizon ne vont pas bouger".


Pour voir Lure, c'est à l'automne qu'il faut la contempler, entre le 15 octobre et le 15 décembre. C'est le seul moment où la véritable topographie de la montagne se révèle dans toute sa complexité toujours énigmatique. (extrait de texte,Promenades de Jean Giono, Magnan, Paul, Éditions du Chêne)

"alors, un beau matin, sans rien dire, la Colline, 'la colline des lièvres' un peu au dessus de Manosque, me haussa sur sa belle cime, elle écarta ses chênes et ses pins, et Lure m'apparut au milieu du lointain pays"

D'un coup, sans prévenir, la montagne saute aux yeux du jeune Jean, ce grand avènement de l'horizon. "elle était vautrée comme une taure dans une litière de brumes bleues" (GIONO, Jean, présentation de Pan)

En ce jour en 1911, Jean Giono vient d'inventer l'étoile polaire de sa vie. Mais Lure demeurera inaccessible à l'enfant et à l'adolescent. 

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La rencontre avec un personnage extraordinaire .... 

"pour que le caractère d'un être humain dévoile des qualités vraiment exceptionnelles, il faut avoir la bonne fortune de pouvoir observer son action pendant de longues années."

En 1913, au cours d'une de ses promenades en Haute-Provence, Jean GIONO a un jour rencontré un personnage extraordinaire, un berger solitaire et paisible. 

"je faisais une longue course à pied, sur les hauteurs, dans cette très vieille région des Alpes qui pénètre en Provence. C'était, au moment où j'entrepris ma longue promenade dans ces déserts, des landes nues et monotones, vers 1200 et 1300m d'altitude. Je traversais ce pays dans sa grande largeur et, après trois jours de marche, je me trouvais dans une désolation sans exemple. Je campais à côté d'un village abandonné. 

Il y avait bien une fontaine, mais sèche. Le lendemain, il me fallut lever le camp. à cinq heures de marche de là, je n'avais toujours pas trouvé d'eau. C'était partout la même sécheresse."

"Il me sembla apercevoir dans le lointain une petite silhouette noire, debout. Je la pris pour un tronc d'arbre solitaire. Je me dirigeai vers elle, c'était un berger. Une trentaine de moutons couchés sur la terre brulante se reposaient près de lui. Il me fit boire à sa gourde et un peu plus tard, il me conduisit à sa bergerie, dans une ondulation du plateau. Cet homme parlait peu. C'est le fait des solitaires, mais on le sentait sûr de lui et confiant. Il n'habitait pas une cabane mais une vraie maison en pierre où l'on voyait très bien comment son travail personnel avait rapiécé la ruine qu'il avait trouvée là à son arrivée. Il me fit partager sa soupe. Il avait été entendu tout de suite que je passerais la nuit là."

"je fumais ma pipe, le berger qui ne fumait pas alla chercher un petit sac et déversa sur la table un tas de glands. Il se mit à les examiner l'un après l'autre avec beaucoup d'attention, séparant les bons des mauvais. Quand il eut du côté des bons un tas de glands assez gros, il les compta par paquets de dix. Quand il eut ainsi devant lui cent glands parfaits, il s'arrêta et nous allâmes nous coucher. La société de cet homme donnait la paix." 

"le lendemain, il fit sortir son troupeau et il le mena à la pâture, avant de partir, il trempa dans un seau d'eau le sac où il avait mis les glands soigneusement choisis et comptés. Il remarquai qu'en guise de bâton, il emportait une tringle de fer grosse comme le pouce et longue d'environ un mètre. Arrivé à l'endroit où il désirait aller, il se mit à planter sa tringle de fer dans la terre, il faisait ainsi un trou dans lequel il mettait un gland, puis rebouchait le trou. Il planta ainsi ses cent glands avec un soin extrême." 

"depuis trois ans il plantait des arbres dans la solitude. Il en avait planté cent mille. sur les cent mille, vingt mille étaient sortis. Sur les vingt mille, il comptait encore en perdre la moitié. Restaient dix mille chênes qui allaient pousser dans cet endroit où il n'y avait rien auparavant." 

"c'est à ce moment-là que je me souciai de l'âge de cet homme. Cinquante-cinq, me dit-il. Il s'appelait 'Elzéard BOUFFIER'. Il avait possédé une ferme dans les plaines où il avait réalisé sa vie. Il avait perdu son fils unique, puis sa femme. Il s'était retiré dans la solitude où il prenait plaisir à revivre lentement, avec ses brebis et son chien. Il avait jugé que ce pays mourait par manque d'arbres. Il ajouta que, n'ayant pas d'occupations très importantes, il avait résolu de remédier à cet état de choses. Je lui dis que, dans trente ans, ces mille chênes seraient magnifiques. Il me répondit très simplement que, si Dieu lui prêtait vie, dans trente ans, il en aurait planté tellement d'autres que ces dix mille seraient comme une goutte d'eau dans la mer."


"l'année après, il y eut la guerre de 1914 dans laquelle je fus engagé pendant cinq ans."

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Un rêve de longue date..

Juste avant la guerre de 1914, comme il était employé de Banque, il a eu la charge de vendre des titres. Ainsi il colportait des titres à cents kilomètres à la ronde. Les titres se faisait aussi dans la direction de Lure, par bonheur, il faisait le tour  de Lure sur une petite route, mais plutôt sur une piste, en montant la vallée du Jabron pour enfin monter l'ascension du côté Nord de la montagne de Lure depuis Noyers-sur-Jabron pour descendre du côté Sud la D113 vers St-Étienne-les-Orgues.


"ainsi, pendant toute ma jeunesse, j'ai eu cette montagne à conquérir. Elle fuyait devant mes pieds comme une bête pourchassée. Elle se cachait sous les brumes, dans les nuages du ciel"

Jean Giono sera habité par Lure au long de son œuvre

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Au début de l'année 1914, il fait la rencontre d' Élise MAURIN, qui devient son épouse en 1920.

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 1914

"je suis sûr de n'avoir tué personne!      

"j'ai fait toutes les attaques sans fusil ou inutilisable …"

Jean GIONO, ainsi vivait une enfance et une adolescence pauvre, mais heureuse.. Ce bonheur est fracassé par la guerre de 1914. Ce que beaucoup de personnes ignorent, c'est qu'il fut un ardent pacifiste durant toute sa vie. Il déploya mille efforts pour convaincre l'opnion publique que la guerre était une 'imbécilité'.

"la guerre ne crée que la guerre. La vérité est extrêmement simple. Le désarroi des esprits se mesure à la nécessité de redire des vérités les plus simples. La guerre est tout simplement le contraire de la paix. C'est la destruction de la paix. Une destruction ne protège ni ne construit ce quelle détruit. Vous défendez votre liberté par la guerre. La guerre est immédiatement la perte totale de la liberté. Comment la perte totale de votre liberté peut-elle protéger la liberté? Vous voulez rester libre et il faut immédiatement vous soumettre. GIONO, Jean, Écrits pacifistes, Éditions Folio) 

"je n'ai pas honte de moi. En 1913 j'ai refusé d'entrer dans la société de préparation militaire qui groupaient tous mes camarades. Vers la fin de 1914, je suis parti sans croire à la patrie. J'ai eu tort. Non pas de ne pas croire: de partir. Ce que je dis n'engage que moi."

"j'ai été soldat de deuxième classe dans l'infanterie pendant quatre ans, dans des régiments de montagnards."

Et ce ne sont pas les attaques hors des tranchées qui manquèrent, les Éparges, Verdun, Noyon et Saint Quentin, le chemin des Dames, Pinon, Chevrillon et pour finir le mont Kemmel.

"pour les actions dangereuses, je ne donne d'ordre qu'à moi seul. Je suis sûr de n'avoir tué personne. J'ai fait toutes les attaques sans fusil, ou bien avec un fusil inutilisable. 

Je n'ai pas honte, mais, à bien considérer ce que je faisait, c'était une lâcheté. 

Je n'avais pas le courage de dire: -'je ne part pas à l'attaque'- je n'ai pas eu le courage de déserter. Je n'ai qu'une seule excuse: c'est que j'étais jeune. Je ne suis pas un lâche."

"la Cadence- on ahane chaque jambe. La troupe s'allonge, s'étire comme un ver, puis se ramasse, puis s'étire, et comme ca jusqu'à cette route dure qu'on a trouvée tout d'un coup sous les pieds. Une route qui s'est trouvée là comme ca dans la nuit, avec ses arbres qu'on entend et sa cuirasse de pierre. et doucement, tout doucement, une musique monotone, comme si les taillis s'étaient mis à battre une cadence sur un tambour de feuilles, un rythme lie les pas aux pas. Ils sont là plus de vingt qui, d'instinct, marchent du même pas parce que cette cadence aide, parce qu'ainsi on n'est plus seul, on est tous les vingt à porter son poids et sa peine et, à vingt, c'est plus leger. Et la cadence ondule de loin en loin sous les pieds de la troupe comme un gros rat qui courrait ici ou là sous les pieds, entre les pieds, pour les délier de cette fatigue qui entrave comme de lien d'herbe."  (GIONO, Jean, Écrits pacifistes, Édition Folio)

"avec mon capitaine et moi, nous sommes à peu près les seuls survivants de la 6ème compagnie. J'aimerais qu'il lise ces lignes. Il doit faire comme moi le soir : essayer d'oublier. Je ne peux pas oublier la guerre. Je passe des fois deux jours ou trois sans y penser et brusquement, je la revois, je la sens, je l'entends, je la subis encore et j'ai peur."  (Refus d'Obéissance, un manifeste pacifiste, 1937)

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Jean GIONO, marqué par l'horreur de la Grande Guerre dans son esprit comme dans sa chair. Il n'avait que 19 ans en 1914, mais il a su trouver un refuge dans sa création, son engagement pacifiste, la nature et ses amitiés, outre une très grande source d'inspirations pour ses romans, récits et poèmes. 

"le silence! ce grand producteur de globules rouges dans tous les sens, le silence animateur de l'âme, le silence qui marche -les dents serrés- à côté de vous. Sur ces vastes étendues désertes se dressent constamment les mirages de l'esprit. Les grandes terreurs, les grandes espérances, courent avec les ombres des nuages. Le large de ces terres enchantées vous absorbe peu à peu."  (GIONO, Jean, Vues d'ensemble, Provence)

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De retour de la guerre en 1919, Jean Giono retourne à Manosque et reprend son emploi à la banque.

"ma lutte pacifiste, en réalité, mon coeur me pousse, je pousse mon coeur à lutter contre la guerre. Pour l'homme, pour l'humanité, mais en vérité cette humanité et son bonheur sont parfaitement indifférents à ma joie personnelle et à mon corps. Je n'ai besoin que de créer des oeuvres d'arts" (GIONO Jean)

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Démoralisé par la guerre, Jean Giono a toujours aimé inventer des histoires, et a très tôt voulu écrire. Il s'y exerce avec des petits textes. Jean Giono continue à se cultiver en lisant énormément, c'est en découvrant de grands auteurs classiques, notamment Virgile, Homère, Dante, Cervantes.. qu'il va petit à petit évoluer vers l'écriture. Dans ses débuts de son oeuvre prône la révolte contre la ville, la société industrielle, capitaliste et vante les valeurs rurales, humaines, écologiques et surtout pacifistes.

Le récit du témoignage des horreurs de la guerre, retranchit de manière particulièrement complète et violente des multiples conséquences de l'horreur de la guerre sur les hommes. au front, la mort, la folie, le deuil, la solitude, la peur, le manque du pays.

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"je me trouvai à la tête d'une prime de démobilisation minuscule mais avec le grand désir de respirer un peu d'air pur. C'est sans idée préconçue, sauf celle-là, que je repris le chemin de ces contrées désertes. 

Le pays n'avait pas changé. Toutefois, au-delà du village mort, j'apercus dans le lointain une sorte de brouillard gris  qui recouvrait les hauteurs comme un tapis. 

Depuis la veille, je m'étais remis à penser à ce berger planteur d'arbres. 

-Dix mille chênes, me disais-je, occupent vraiment un très large espace.- J'avais vu mourir trop de monde pendant cinq ans pour ne pas imaginer facilement la mort d'Elzéard Bouffier."


"Il n'était pas mort. Il avait changé de métier et il possédait plus que quatre  brebis, mais par contre, une centaine de ruches. Il me dit, et je le constatais, il ne s'était pas du tout soucié de la guerre. Il avait imperturbablement continué à planter."


"Les chênes de 1910 avaient alors dix ans et étaient plus haut que moi. Le spectacle était impressionnant. J'étais littéralement privé de paroles et, comme lui ne parlait pas, nous passâment tout le jour en silence à nous promener dans la forêt. Elle avait, en trois troncons onze kilomètres dans sa grande largeur. 

Il me montra d'admirables bosquets de bouleaux qui dataient de cinq ans, c'est à dire de 1915, de l'époque où je combattais à Verdun.

"En redescendant par le village, je vis couler de l'eau dans des ruisseaux qui, de mémoire d'homme, avaient toujours été à sec. Ces ruisseaux secs avaient jadis porté de l'eau, dans des temps très ancien. 

C'était la plus formidable opération de recréation qu'il m'ait été donné de voir. En même temps que l'eau, réapparaissaient les saules, les osiers, les prés, les jardins, les fleurs et une certaine raison de vivre." (GIONO, Jean, 'L'homme qui plantait des arbres', Gallimard) 


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Ainsi, Jean Giono commence à écrire un roman, comme son auteur le définit, un "réquisitoire contre la guerre". Il y retranscrit fidèlement les bouleversements opérés par la première guerre mondiale sur les hommes, les animaux et la nature. Le récit se déroule des années 1914 à 1919. Le titre du roman "Le grand troupeau" est un témoignage très complet et se découpe en 3 parties : la première retranscrit le départ des soldats au front, la seconde est centrée sur les combats et la dernière aborde le retour des soldats à l'arrière. On retrouve ainsi son expérience personnelle de la guerre vécue et le traumatisme qu'elle lui a laissé à travers le parcours.

Le titre du roman "le grand troupeau" peut se comprendre de deux manières différentes. Il fait d'abord référence au grand troupeau de moutons qui descend des alpages et traverse le village en transhumance, dans le premier chapitre. en effet les jeunes bergers sont mobilisés au front et ne peuvent plus surveiller les bêtes d'où leur retour au village.

Dans un second temps, le titre est une métaphore qui revoi au grand troupeau des hommes partant à la boucherie de la guerre. D'autant plus que le passage du troupeau de moutons est déjà annonciateur du sort que vont subir les hommes soit des morts, des blessures, de la fatigue, de l'incompréhension, des veuves et des orphelins. 

Le livre "Le grand troupeau" a été écrit en plusieurs périodes à partir de 1919, entre un écart de 10 ans et publié en 1931. 

Ce livre, un récit autobiographique dans lequel Jean Giono témoigne son admiration pour son père, il y loue notamment sa sérénité et sa générosité. Son père, à la fois humain et idéaliste, meurt en 1920.

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Jean Giono retrouve Élise Maurin, après son retour de la guerre, et qu'il avait rencontré en 1914, d'où nait un amour réciproque et à laquelle il lui fait découvrir ses poèmes. Alors, après que la guerre fait rage, ils se marient civilement le 22 juin 1920, peu après la mort de son père le 26.04.1920. De ce mariage naîtront deux filles.

Durant les années vingt, Jean Giono écrit beaucoup. Il a toujours aimé inventer des histoires. Il commence à publier des poèmes en prose et fait paraître plusieurs textes, comme 

La Criée - Les Larmes de Byblis - Le Voyageur immobile dans plusieurs revues. 

Sa première fille Aline va naître le 25 octobre 1926. 

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L'écriture prend de plus en plus d'importance dans sa vie, il se met à écrire son premier roman Angélique, qui se situe à l'époque médiévale, qui reste inachevé. Plus le temps passe, plus il se consacre à écrire, et lorsque en 1929, la banque où il travaille fait faillite, il décide de passer son temps à travailler sur ses oeuvres dont son premier roman La Naissance de l'Odyssée, un roman qui revisite le mythe grec avec une certaine impertinence. Il a été refusé par Grasset et ne sera publié qu'en 1930. Il achèvrera en 1929 les trois romans de la trilogie de Pan : Colline, Un de Baumuges et Regain en 1930. Avec Colline qui fait passer un grand vent frais et obtient  un grand succès immédiat. C'était la naissance du succès que Jean Giono atteignit soudainement par ce livre poétique

"en faisant Colline, j'ai voulu faire un roman, et je n'ai pas fait un roman: j'ai fait un poème".

Il reçoit en 1929, le prix américain Brentano pour Colline, ainsi que le prix Northcliff en 1930 pour son roman Regain

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Colline est le drame de l'eau: parce que une source tarit, un hameau est menacé de mort. Mais l'épreuve - l'incendie qui éclate - recrée la solidarté des hommes. Colline est aussi et surtout l'exhaltation de la terre, concue comme une personne, non seulement vivante mais aussi sensible. "Toutes les erreurs de l'homme viennent de ce qu'il s'imagine marcher sur une chose inerte alors que ses pas s'impriment dans la chair pleine."

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Un de Baumunges, ce deuxième volet de la Trilogie de Pan connaît un beau succès, mais n'est pas un livre facile à lire. Dans ce livre, un ouvrier agricol, Amédé, se louant de ferme en ferme, raconte sa rencontre avec un jeune homme qui aurait pu être son fils. Ce jeune, Albin, raconte un soir, autour d'un verre, son histoire à son aîné. Quelque temps plus tôt, Albi avait connu aux champs un jeune homme avec qui il avait sympathisé. Les deux hommes avaient rencontr´une jeune femme, mais, albin trop timide n'avait pas osé l'aborder et c'est l'autre qui l'avait abordé... 

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Regain, un roman dont l'histoire se déroule à Aubignane, un petit village abandonné des 'Basses Alpes'. Panturle, un colosse sauvage se trouve seul dans ce village, battu par les vents au milieu de la nature âpre et sauvage du Plateau d'Albion, ainsi que la vieille Mamèche, une veuve, qui a perdu son fils. Grâce à cette vieille dame, Panturle rencontre Arsule, une femme maltraitée par son compagnon, le rémouleur Gédémus. Arsule attend un enfant de Panturle à la fin du roman, naissance qui annonce la renaissance du village abondonné.

Jean GIONO exalte dans Regain avec un lyrisme sensuel, les liens profonds qui lient les paysans à la nature. 

Regain sera adapté au cinéma par Marcel Pagnol en 1937

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" de grandes choses sont devant moi maintenant, je peux m'offrir de belles promenades.."


À l'apogée de sa vie, exprimée par son optimisme et où  la réussite commence à lui sourire dans la voie qu'il a choisie, Jean Giono a décidé qu'il peut alors s'offrir d'exhalter sur des paysages nouveaux. Il a choisi un pays que nul ne connaît, s'il n'en est natif, une terre montagnarde tournée vers la Provence. 

C'étais l'emblème du Trièves, un pays que nul ne connaît s'il n'en est natif. Un pays qui retient son souffle de crainte qu'on ne l'abîme. 

Lorsque Jean Giono pour la première fois passa en automne, la route qui va de Saint-Julien-en-Beauchêne à Grenoble, était bordée par des collonades d'érables. Partout d'admirables villages autour de leur clocher occupaient le moindre tertre. Ce pays faisait du vin! Du Côté de Prébois, du Côté de Percy, il y avait des vignes sur les pentes escarpées qui captaient le soleil. (Magnan, Pierre, les Promenades de Jean Giono, 'Editions du Chêne, 1994)

"j'aime particulièrement le Trièves, cette plaine tourmentée et qui s'étend en triangle sous l'Obiou et le Grand Ferrand. Je suis à pied d'oeuvre pour les marches dans la montagne. Et puis j'aime la vie avec ses paysans âpres et doux"

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Territoire de contraste Le Trièves , niché au coeur d'une nature préservée qui marque sa frontière, entre les sommets pyramidaux du Diois et du Vercors, les géants du Dévoluy, le Pays du Buech. A mi-chemin entre les les Alpes et la Provence. 

Le Trièves est un plateau de moyenne montagne, avec Mens la "Petite Genève" comme capitale historique, éloigné des grandes axes routiers, cette petite ville a su conserver son cachet et son patrimoine.

Entre rudesse du climat alpin et les premières odeurs de Provence, de ce pays naît une abondance extraordinaire, un vrai bijou de diversité géologique et biologique, qui ne se livrent jamais mieux que dans la confidence de ses sentiers. 


Une nature belle et sauvage, sculptée par le temps. De vallons en falaises, de pentes douces en dénivelés vertigineux, encadré par ses hameaux traditionnels comme la Station de Lus-La-Jarjatte et de son mythique Col des Aiguilles sans oublié le Vallon de la Jarjatte, grand site au berceau des plus hauts sommets, ce site inscrit, lieu minéral d'une austère grandeur et d'une richesse floristique et faunistique exceptionnelle  à découvrir. Ce site exceptionnel est aussi un fabuleux territoire de transhumants.

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Le Buech, entre Alpes et Provence, la Vallée de la Jarjatte...


Une rivière libre et joyeuse trace sa route en tresse dans les calcaires lithoniques des Préalpes. Le Buech jaillit entre les Pics de la Jarjatte, près de Lus-la-Croix-haute et va rejoindre la Durance un peu avant Sisteron. Au fil de ses berges sauvages un bassin géologique exceptionnel s'ouvre, entouré de gorges et des vallées verdoyantes offrant un spectacle panoramique. 

La Vallée du Buech est habitée depuis des millénaires, site préhistorique, elle a conservé oppidum des Voconces, villas gallo-romaines.

Petit triangle de verdure méconnu, la vallée du Buech est généreuse et paisible, lieux de rencontres, cher à 

Jean Giono, c'est un pays à taille humaine, où "la nature a été conservée telle que l'on rêve"

"c'est de ce pays au fond que j'ai été fait pendant vingt ans"

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Entre 1930 et 1948, Jean Giono effectue plusieurs séjours dans le Trièves à Tréminis et à Lalley où un Espace Giono a été fondé qui se situe dans le même lieu où Jean Giono résidait lors de ses différentes villégiatures à Lalley. Il est un lieu de mémoire où la littérature et l'écriture tiennent une grande place évoquant le Trièves de la terre, de ses paysans, de ses paysages, décrits par Jean Giono dans son oeuvre. 


En 2020 une exposition est organisée à Lalley à l'occasion du 50e anniversaire de sa mort 


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Fin de la première partie 1895 - 1930

à suivre dans un meilleur délai...

rédigé par gira-sole.info

juillet 2020


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L'Occitanie    -    L'Occitan   -   Le Catalan   -    Le Provençal    -    le Niçois   

 Frédéric  MISTRAL   -   Le Félibrige  



"amount, sur l'aigo-vers, lou pastre pensatieu,

en l'onor dou pais, enausso uno montjoie

e marco le pasquié ounte a passa l'estieu" 

Frederi MISTRAL

 

"la-haut, sur la ligne de partage des eaux, le pastre soucieux,

en l'honneur du pays, élève une montjoie

et marque le pâturage où il a passé l'été"

Frédéric MISTRAL  

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par ce parcours historique et problématique à la recherche des origines de l'Occitanie et des langues romanes, impossible de contourner le XIXe siècle qui a marqué par sa renaissance de la littérature occitane et des langues romanes sous l'impulsion du Félibrige, créer par le provençal Frédéric Mistral et ses sept félibres. Afin de compléter cette présentation sur l'Occitanie et les langues romanes, quelques textes, ainsi que quelques portraits seront présentés ici, notamment de Frederi Mistral….

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Frederi Mistral, moun espelido, memòri e raconte…. 

Frédéric Mistral, mes origines, mémoires et récits….


L'année 2019 on célèbre le 105e anniversaire du décès de Frédéric Mistral, le 24 mars 1914 et 2020 sera le 190e anniversaire de sa naissance, le 8 septembre 1830.  Aussi en 2019 on célèbre le 165e anniversaire de la fondation du Félibrige par les 7 félibres le 21 mai 1854, donc ainsi ce sera une formidable occasion de porter haut attachement à son immortel rénovateur de la langue provençale, la "Lengo Nostre" , suivi d'un portrait du personnage et de la vie de Monsieur Frédéric Mistral, fondateur du Félibrige 

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Frédéric Mistral naquit le 8 septembre 1830 à Maillane, petit village au cœur de la Provence, au Mas du Juge, propriété agricole qui se trouve au sud-est du village sur la route de Saint-Rémy, domaine familial exploité par son père, François Mistral. 

Le petit Frédérique a été élevé au rythme des saisons et des travaux agraires et, selon les coutumes et traditions, fruits du riche passé terrien et chrétien de la Provence, omniprésentes dans la vie quotidienne dans les bruits domestiques et campagnards. 

La musique du provençal, langue populaire mais noble, qui, très tôt, dictera à Frédéric Mistral le sens de sa vie. C'est là, au milieu des travailleurs du mas qu'il passa son enfance et sa jeunesse. 

1'La vieille bastide où je naquis en face des Alpilles, d'aussi loin qu'il me souvienne, je vois devant mes yeux, au Midi, là bas, une barre de montagnes dont les mamelons, les rampes, les falaises et les vallons bleuissaient du matin au vêpre, plus ou moins clairs ou foncés, en hautes ondes. C'est la chaîne des Alpilles, ceinturée d'oliviers comme un massif de roches grecques, un véritable belvédère de gloire et de légendes' 


'Mon village, Maillane, en avant des Alpilles, tient le milieu de la plaine, une large et riche plaine, mais jamais je ne vis une plaine aussi unie que ce terroir' - 'La vieille bastide où le naquis, en face des Alpilles, avait le nom  Mas du Juge - mes parents, des ménagers, étaient de ces familles qui vivent sur leur bien, au labeur de la terre, d'une génération à l'autre' 


1) 'On me baptisa Frédéric, en mémoire, paraît-il, d'un pauvre petit gars qui, au temps où mon père et ma mère se parlaient, avait fait gentiment leurs commissions d'amours, et qui, peu de temps après, était mort d'une isolation. - Comme ma mère m'avait eu à Notre-Dame de Septembre, ma mère m'avait voulu donner le prénom de Nostradamus' 

2) 'Mon enfance première se passa donc au Mas, en compagnie des laboureurs, des faucheurs et des pâtres, et quand, parfois passait au Mas quelques bourgeois, de ceux-là qui affectent de ne parler que français, moi, tout interloqué et même humilié 

-d'où viens, leur demandais-je, que cet homme ne parle pas comme nous? 

-Parce que c'est un monsieur, me répondait-on. 

-Eh bien! faisait-je alors d'un petit air farouche, moi je ne veux pas être monsieur'

(extraits chapitres : 1 et 2 - 'Mémoires et Récits', Frédéric Mistral)

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Frédéric Mistral va, dès l'âge de sept ans à l'école de Maillane, il y pratiqua lou plantié =école buissonnière, puis, en 1839, il est inscrit pour deux ans au pensionnat de Saint-Michel-de-Frigolet. Cet établissement ayant fermé, et Frédéric fut placé au pensionnat Millet à Avignon (6)


6) 'Vers l'âge de quatorze ans, ce regret de mes champs et de ma langue provençale, qui ne m'avait jamais quitté, finit par me jeter dans une nostalgie profonde. Et mon chagrin se mélangeait d'un violent dégoût pour ce monde factice où j'étais claquemuré 

-Or voici qu'un jour, en lisant, je crois, le Magasin des Familles, je vais tomber sur une page où était la description de la Chartreuse de Valbonne et de la vie contemplative et silencieuse des Chartreux 

-N'est-il pas vrai, lecteur, que je me monte la tête, et, m'échappant du pensionnat, par une belle après-midi, je pars, tout seul, éperdument, prenant, le long du Rhône, la route du Pont-Saint-Esprit, car je savais que Valbonne n'en était pas éloigné 


-Tu iras, me dit-je, frapper à la porte du couvent, tu prieras, tu pleureras, jusqu'à ce qu'on veuille te recevoir, puis, une fois reçu, tu vas comme un bienheureux, te promener tout le jour sous les arbres de la forêt, et, te plongeant dans l'amour de Dieu, tu te sanctifieras comme fit le bon Saint Gent 

-Et ta mère, me dis-je, à laquelle, misérable, tu n'as pas dit adieu…..et alors, tournant bride, le cœur gros, hésitant, je gagnai vers Maillane, autant dire pour embrasser avant de fuir le monde, mes parents encore une fois….' 

(extraits chapitre 6 - 'Mémoires et Récits' Frédéric Mistral)

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À la rentrée des classes de l'année scolaire 1845, sa maman l'amena chez Monsieur Dupuy, qui tenait un pensionnat à Avignon au quartier du Pont-Troué. Mais ici pour ses goûts de provincialiste en herbe, il a eu, comme il dit, le museau dans le sac.   

7)'Voici que, quelque temps après, il nous arriva de Nyons un jeune professeur, qui était de Saint-Rémy. On l'appelait Joseph Roumanille, avec qui il gardera contact, ce qui va bouleverser sa vie. Cette amitié naquit lorsqu'un beau jour, le surveillant, qui était bien Joseph Roumanille, surprit le jeune élève écrivant des vers en provençal. Dès lors, accompagnés par Anselme Mathieu, camarade de Frédéric, ils créèrent, sans le savoir bien entendu, le premier rassemblement de félibres.

( extraits chapitre 7 - Mémoires et Récits, Frédéric Mistral)

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Puis il continua ses études à Aix-en-Provence et à Avignon pour étudier le droit. Au bout de trois années d'études, à l'âge de 21 ans, Frédéric Mistral passa son baccalauréat à Nîmes. 

Nîmes Place Carmes (objectifgard)

8) 'Je me préparait donc pour le voyage à Nîmes, où, en ce temps, se faisaient les bacheliers. Ma mère me plia deux chemises repassées, avec mon habit des dimanches dans un mouchoir au carreaux, piqué de quatre épingles, bien proprement. Mon père me donna, dans un petit sachet de toile, cent cinquante francs d'écus en me disant: - au moins prend garde de ne pas perdre, ni de ne pas les gaspiller.'  


'Quand j'arrivai à Nîmes, moi, petit campagnard, je ne connaissais absolument personne, et tout mon recours, pauvret, était de dire à part quelque prière à Saint Baudile, qui est le patron de Nîmes, pour qu'il mît dans le cœur des examinateurs un peu de bonté pour moi.' 

'On nous enferma à l'Hôtel de Ville, dans une grande salle nue, et là un vieux professeur nous dicta, d'un ton nasillard, une version latine, après quoi, humant une prise, il nous dit:  -Messieurs, vous avez une heure pour traduire en français la dictée que je vous ai faite… Maintenant, débrouillez-vous. 

Pleins d'ardeurs, nous nous mîmes à l'œuvre; puis, à l'heure sonnante, le professeur ramassa les versions de tous et nous ouvrit la porte en nous disant:    - à demain ! ' 

'Le lendemain matin, le cœur passablement ému, je retournai à l'Hôtel de Ville avec tous les candidats qui devaient se présenter. Mais déjà pas mal d'entre eux n'étaient pas si fiers que la veille. Dans une grande salle, devant une grande table chargée d'écritoires, de papiers et de livres, il y avait assis gravement sur leurs chaises, cinq professeurs, en robes jaunes, cinq fameux professeurs venus exprès de Montpellier, avec le chaperon bordé d'hermine sur l'épaule et la toque sur la tête. C'était la Faculté des Lettres, et voyez le hasard : un d'eux était M. Saint-René Taillandier, qui devait quelques ans après devenir le patron, le chaleureux patron de notre langue provençale. 

-'Je fus reçu, et je m'en allai par la ville comme porté par les anges. Je parcourais les rues de Nîmes, flambant, resplendissant, si bien que tous me regardaient et que d'aucuns, même, disaient : -celui-là est bachelier !' ( extraits chapitre 8 - Mémoires et Récits, Frédéric Mistral) _________________


Licence de Droit en poche et l'idée d'une carrière juridique puis politique ayant été abandonnée, il rentre chez lui au Mas paternel en 1851… 

'Je m'en retournai à mon vieux mas car le bruit de la ville m'empoisonnait et je me languissais d'entendre de nouveau les cris du troupeau rentrant le soir à la bergerie, ou le chant des valets de ferme qui se rendent le matin au travail ou le  pépiement des oiseaux sur la toiture et la voix de mon père racontant sa campagne d'Espagne pour la centième fois..' 

(Lettre à Jean-Baptiste Gaut, le 20 septembre 1853) 

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À son retour au mas, son père lui laisse le choix : 

11)"Maintenant, mon cher enfant, moi j'ai fait mon devoir. Tu en sais beaucoup plus que l'on ne m'en a jamais appris… C'est à toi de choisir la voie qui re convient, je te laisse libre." 

(chapitre 11 - Mémoires et Récits, Frédéric Mistral)

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Son choix se portera donc sur la Provence et la langue provençale.  



'E aqui meme, -aquello ouro aviéu vinto-un-an, -lou pèd sus lou lindau de moun mas peirenau emé lis iue vers lis Aupiho, entre liéu e d'esper-iéu prenguère la resoulucion: 

proumieramen, de releva, de reviéuda 'n Prouvènço lou sentimen de raco, que vesiéu s'avali souto l'educacioun contro naturo et fausso de tóuti lis escolo ; 

segoudamen, d'esmòure aquelo respelido pèr la restauracioun de la lengo naturalo dòu pais - que tóuti les escolo lé fan uno guerro à mort ; 

tresencamen, de rèndre la vogo au prouvençau pèr l'aflat e la flamo de la divino pouesio." (Memòri e raconte, - XI, Frederi Mistral)  

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11) 'Et même -j'avais à cette époque vingt-et-un ans -le pied sur le seuil du mas paternel, les yeux vers les Alpilles, en moi et de moi-même, je pris la résolution : 

premièrement, de relever, de raviver en Provence le sentiment de race que je voyais s'annihiler sous l'éducation fausse et anti-naturelle de toutes les écoles ; 

secondement, de provoquer cette résurrection par la restauration de la langue naturelle et historique du pays, à laquelle les écoles font toutes une guerre à mort ; 

troisièmement, de rendre la vogue au provençal par l'influx et la flamme de la divine poésie" (chapitre 11, Mémoires et Récits, Frédéric Mistral) 

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Après cette introduction sur la vie de Frédéric Mistral jeune, qui se porte sur les années 1830 et 1851, son père lui laissa le choix de la voie qui lui convient pour organiser sa vie. 

Donc libre, Frédéric Mistral a décidé de rester au Mas familial pour s'occuper de la terre. Au bout d'une année, il se rend compte que ce n'est pas là sa passion. 

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"Mais, quelquefois, quand le travail étant pressant, qu'il fallait donner aide, soit pour rentrer les foins, soit pour dériver l'eau de notre puit à roue, mon père criait dehors 

-où est Frédéric?  

Bien qu'à ce moment-là je fusse allongé sous un saule, paressant à la recherche de quelques rimes en fuite, ma pauvre mère répondait : 

-il écrit. 

Et aussitôt, la voie rude du pauvre homme s'apaisait en disant : 

-Ne le dérange pas." 

(chapitre 11  - Mémoires et Récits, Frédéric Mistral)


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Nous sommes donc en 1851, et c'est un moment important où Frédéric Mistral prend conscience de sa véritable envie. 

Lui, qui depuis toujours s'intéressait à sa Provence, sa terre native, au gens du pays et surtout à la langue provençale a choisi sa voie à se consacrer à ce pays, aux gens, aux meurs et à sa langue. Il jure de relever le sentiment de race, de provoquer la résurrection de la vieille langue et de  réhabiliter cette langue par le prestige de la poésie.  

C'est ce soir là, que, dit-il, il entama le premier chant de Mireille……. 

Miréo - Mireille, est un poème épique en douze chants sont marqués par une tension croissante, qui évoque des passions soumises à une fatalité toute romantique dans le cadre réaliste de la Provence rhodanienne.

C'est une histoire d'amour : Mireille et Vincent, Miréo e Vincens, sont les Roméo et Juliette  de la Provence…. la riche Mireille des Baux tombe amoureuse  du beau mais pauvre vannier Vincent qui répond ses sentiments. Le couple doit affronter deux séries d'épreuves s'opposant à leur union. Mireille, désespérée par le refus de ses parents de la laisser épouser Vincent, se rend au pèlerinage aux Saintes-Maries-de-la-Mer afin de prier les patronnes de la Provence de fléchir ceux-ci. Mais ayant oublié de se munir d'un chapeau, elle est victime d'une insolation en arrivant au but de son voyage et meurt dans les bras de Vincent sous le regard de ses parents.

 Pour cette œuvre, Mistral s'est inspiré d'un dicton provençal  -sèmblo la bello Miréo, mis amour. 

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Quand sa Grand-Mère de Maillane rencontrait une fille charmante, elle disait: c'est Mireille, c'est la belle Mireille, c'est Mireille mes amours. Selon Mistral, Mireille semble être la forme provençale de Myriam -le nom hébreu de la mère de Jesus, dans la forme française est Marie. Cependant, ce nom viendrait plutôt du verbe provençal mira -admirer ou est un doublet du mot meraviho qui signifie merveille..

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Le voyage à Paris.... 

"En 1856, lors de la Sainte-Agathe, fête votive de Maillane, je reçus la visite d'un poète de Paris que le hasard (ou plutôt , la bonne étoile des félibres) amena à son heure, dans la maison de ma mère. C'était Alphonse Dumas. 'c'est donc vous, monsieur Mistral, qui faites des vers provençaux?' - 'Oui, c'est moi, répondis-je, à vous servir, monsieur!  et en causant à ce propos, je lui chantai l'aubade de Magalie toute fraîche arrangée pour le poème de Mireille. Adolphe Dumas, enlevé, épaté, s'écria : 'Mais où donc avez-vous pêché cette perle!?' - 'Elle fait partie, lui dis-je, d'un roman provençal ou plutôt d'un poème provençal en douze chants que je suis en train d'affiner'. 

Mon poème provençal étant terminé enfin, mais non imprimé encore, un jeune Marseillais qui fréquentait Font Ségugne, mon ami  Ludovic Legré, me dit un jour - 'je vais à Paris… veux-tu venir avec moi?' J'acceptai l'invitation, et c'est ainsi qu'à l'improviste, et pour la première fois, je fis le voyage de Paris où je passai une semaine. J'avais, bien entendu, porté mon manuscrit et ainsi nous vînmes, comme de juste, saluer le bon Dumas. 

-'Voyons donc, puisque nous y sommes, vous allez m'en lire un chant' - je lus le premier, le second, le troisième, le quatrième chant -'c'est assez pour aujourd'hui, venez demain à la même heure'. Je retournai, le lendemain, en lire encore quatre chants, et le surlendemain. Alphonse Dumas adressa, le même jour, le 26 août 1856 au directeur de la Gazette de France une lettre, dont un extrait - 

'L'horloge de l'Institut a souvent de ces retards d'une heure avec les siècles, mais je veux être le premier qui aura découvert ce qu'on peut appeler aujourd'hui le Virgile de la Provence. - J'ai le poème dans les mains, il y a douze chants. Il est signé Frédéric Mistral, du village de Maillane, et je le contresigne de ma parole d'honneur, que je n'ai engagée à faux et de ma responsabilité, qui n'a que l'ambition d'être juste.' 

Dumas, content de l'effet de sa bombe, me dit en me serrant la main -maintenant, cher ami, retournez à Avignon pour imprimer votre "Mireille". (Chapitre 16 Mireille - Mémoires et récits)

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La rencontre avec Alphonse de Lamartine….


Avant mon départ, mon dévoué compatriote voulut bien me présenter à Lamartine, son ami, et voici comment le grand homme raconta cette visite dans son 'Cours familier de littérature'. 

'Je reviens  donc en Provence pour l'impression de mon poème, et la chose s'étant faite à l'imprimerie, j'adressai le premier exemplaire à Lamartine, qui écrivit  la lettre suivante:

-J'ai lu Miréo.. rien n'avait encore paru de cette sève nationale, féconde, inimitable du Midi. Il y a une vertu  dans le soleil. J'ai tellement été frappé à l'esprit et au cœur que j'écris un Entretien sur ce  poème, dis-je à  M. Mistral. 

Oui, depuis les Homérides de l'Archipel, un tel jet de poésie primitive n'avait pas coulé. J'ai crié, comme vous : c'est Homère.' 

Lamartine consacrait quatre-vingt pages dans le quarantième Entretien du Cours familier de littérature au poème de Mireille, et cette glorification était le couronnement des articles sans nombre qui avaient accueilli notre épopée rustique, dans la presse de Provence, du Midi et de Paris. Je témoignai ma reconnaissance dans ce quatrain provençal que j'écrivis en tête de la seconde édition: 

'A LAMARTINO  - Te counsacre Mirèio:

es, moun cor e moun amo, es la flour de mis an,

es un rasin de Crau qu'emé touto sa ramo, te porge un paisan'

°

 'A LAMARTINE - Je te consacre MIREILLE: 

c'est mon cœur et mon âme, c'est la fleur de mes années, 

c'est un raisin de Crau qu'avec toutes ses feuilles, t'offre un paysan'

8 septembre1859  

et

Lamartine de s'enthousiasmer: 

"Je vais vous raconter, aujourd'hui, une bonne nouvelle! 

Un grand poète épique est né! Un vrai poète homérique, en ce temps-ci.. Oui ton poème épique est un chef-d'oeuvre.. le parfum de ton livre ne s'évaporera pas en mille ans."


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Hommage d'Alphonse Daudet

"C'est la Provence de la mer, la Provence de la montagne avec son histoire, ses cœurs, ses légendes, ses paysages.. Tout un peuple naïf et libre qui a trouvé son grand poète. La Provence vivra éternellement dans Mireille" 


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Mirèio a été traduite en une quinzaine de langues européennes, dont le francais par Frédéric Mistral lui-même. Cette œuvre reste aujourd'hui comme le plus grand chef d'œuvre de la poésie provençale et même française. 

Charles Gounod en fera même un opéra en 1863. 

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Huit années après la publication de Mirèio, Frédéric Mistral écrit Calendau - Calendal, dans lequel apparaît la farouche volonté d'indépendance des provençaux. 

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Enfin, Frédéric Mistral se lance ainsi dans un travail d'un autre ordre et d'une importance majeure pour devenir l'auteur de 

'Lou Tresor dóu Felibrige', édité par fascicules de 1878 à 1886. 

C'est un grand dictionnaire provençal - français en deux volumes de quelque quatre-vingt mille entrées. Il présente à peu près tout le vocabulaire des parlers de la langue d'Oc moderne. 


Lou Tresor représente un travail extraordinaire qui a suscité l'admiration de tout le monde intellectuel et qui reste à ce jour le dictionnaire le plus riche de la langue occitane et l'un des fiables pour la précision des sens. 

(extraits basés sur des textes de 'mistral2014' et de 'notreprovence')

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Astuce..

avant de se lancer à la seconde partie de la biographie de Frédéric Mistral, à sa langue provençale et à la fondation du Félibrige, une introduction très importante sur l'Occitanie, l'occitan, les langues d'oc et romanes, avec leurs variétés et leurs particularités dont la langue provençale se trouve  à  disposition ci-dessous. 

Un complément complet qui permet de bien comprendre, pourquoi les langues des peuples à travers les âges et les pays en passant par Dante et Mistral,  était depuis toujours et le reste encore aujourd'hui très important dans notre vie quotidienne.....

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 Lou Tresor dóu Felibrige 



-Revenant à l'année 1854 où tout a commencé… C'est d'abord Joseph Roumanille qui lui fait commencer et terminer son recueil 'Li Prouvençalo', puis s'enchaînent deux congrès d'Aix et d'Arles qui précèderont la création du Félibrige, le 21 mai 1854 au château de Font Ségugne à Châteauneuf-de-Gadagne près d'Avignon.

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Le Félibrige,  mouvement du renouveau...

Le Félibrige est une association, qui a pour but très bien défini, dès son début:

créer une association d'esprits choisis et sérieux qui ont la volonté et les compétences pour restaurer la langue et la littérature provençale, loin des troubaires faciles et grossiers. 

Ce nom vient d'une vieille chanson : "l'oraison de Saint Anselme, apportée par Frédéric Mistral, dont le texte décrit….avec les sept Félibres de la Loi - eme le set felibre de la lèi".

Étant donné qu'ils étaient eux-mêmes au nombre de sept, et qu'ils désiraient incarner la loi nouvelle de poésie, ils étaient les docteurs de la loi : les félibres

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Le Castel de Font Ségugne…..



Font Ségugne, au penchant du plateau de Camp-Cabel, regarde le Ventoux, au loin, et la gorge de Vaucluse qui se voit à quelques lieues. Le domaine prend son nom de la petite source qui y coule au pied du Castel. Un délicieux bouquet de chênes, d'acacias et de platanes le tient abrité du vent et de l'ardeur du soleil. Font Ségugne était un endroit où viennent le dimanche les amoureux du village. Là ils ont l'ombre, le silence, la fraîcheur, il y a des bancs en pierre que le lierre enveloppe, il y a des sentiers dans des bosquets, il y a une belle vue sur le paysage, il y a des chants d'oiseaux, le murmure des feuillages, les gazouillis de fontaine…

Alors, à cet endroit bien choisi, que les sept "primadié" ont organisé la renaissance de la langue provençale. 

Le 21 mai 1854, le jour de la Sainte Estelle ou Frédéric Mistral, Joseph Roumanille, Théodore Aubanel, Jean Brunet, Paul Géra, Anselme Mathieu,  et Alphonse Tavan étaient les fondateurs du Félibrige, et qui a permis de grandement promouvoir cette belle langue, ayant pour vocation la sauvegarde et la promotion de la langue, de la culture et de l'identité des pays de langue d'Oc.

Le Félibrige tire son étymologie du mot "félibre" désignant celles et ceux étant dévoués à la défense de la langue provençale. 

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Les sept félibres de Loi...

Pour fêter cet évènement exceptionnel, une bouteille de Châteauneuf qui avait sept ans de cave a été versée à l'occasion du baptême des sept félibres en adoptant au vocable de leur Renaissance et de tous les dérivés qui doivent en naître. C'est dans cette séance, mémorable à juste titre, qu'on décida la publication , sous forme d'almanach, d'un petit recueil annuel qui serait le fanion de notre poésie, l'étendard de notre idée, le trait d'union entre félibres, la communication du Félibrige avec le peuple.

(extraits basés sur le chapitre 12 - Font Ségugne - Mémoires et Récits, Frédéric Mistral)

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Organisation du Félibrige, sous le signe du 7

Les membres du Félibrige sont répartis en 7 sections, et compte des félibres mainteneurs , nombre sans limite, et des félibres majoraux limité à 50.

 Les félibres mainteneurs -felibre mantenèire sont les adhérents de l'association. Ils sont répartis en sections appelées maintenances -mantenènco

Chaque maintenance est administrée par un bureau composé d'un syndic -sendi, d'un secrétaire -secretàri et d'un trésorier -clavaire.

Les félibres majoraux - felibre majourau sont élus à vie par cooptation et détendeurs d'une cigale d'or. 

La cigale d'or se transmet au décès de son détenteur comme  un fauteuil d'académie. Chaque cigale porte un nom symbolique référent à une région, à une ville, à un fleuve ou à une valeur félibéenne. Le Félibrige est présidé par le capoulié et gardien de la coupe -la coupo. 

Le congrès -Santo-Estello du Félibrige se déroule chaque année dans une ville différente des pays de langue d'oc, au moment de la fête de Sainte Estelle -Santo Estello

Tous les 7 ans, le félibrige organise des joutes littéraires connues sous le nom de Grand Jo flourau setenàri. Le grand lauréat est nommé Maître en Gai-Savoir - Mestre en Gai-Sabé et choisit la reine du Félibrige qui dont la fonction est symbolique. (provence7 et Félibrige) 

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La Coupo 


En 1867, les félibres catalans offrent aux félibres provençaux une coupe en argent pour les remercier de l'accueil qu'ils avaient réservé au poète Victor Balaguer, exilé pour raison politique dans la région d'Avignon. La coupe représente une conque supportée par deux statues de femmes représentant l'une la Catalogne et l'autre la Provence. Frédéric Mistral composa un hymne à sept couplets La Coupo, qui est devenu l'hymne du Félibrige et de la Provence. (ruesdaix.ag13)


La Santo Estello 

La première Santo Estello du Félibrige est célébrée le 21 mai 1876 à l'Hôtel du Louvre en Avignon, dans l'ancienne salle des Chevaliers du Temple en présence d'éminents représentants de Provence, de Valence -Valencia en Espagne, de Majorques. Frédéric Mistral est élu premier Capoullé. (ruesdaix.ag13) 

Cette coupe -La Coupo, emblème du Félibrige, est présentée tous les ans lors du congrès du Félibrige, lors de la  Santo Estello, assemblée qui se déroule chaque année dans une ville d'Occitanie différente. Cette présentation est suivie par le chant de l'hymne félibréen et la Coupo passe de mains en mains, représentant la communion des félibres. 

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Lou Tresor dóu Felibrige…. ou Dictionnaire provençal-français  

-embrassant les divers  dialectes de la langue d'oc moderne et contenant ..

Tous les mots utilisés dans le Midi de la France, avec leur signification française, les acceptions au propre et au figuré, les augmentations et dimunitifs et un grand  nombre d'exemples et de citations; 

Les variétés dialectales et archaïques de chaque mot, avec les similaires des diverses langues romanes; 

Les radicaux, les formes bas-latines et les étymologies;

La synonymie de tous les mots dans leurs divers sens;

Le tableau comparatif des verbes auxiliaires dans les principaux dialectes;

Les paradigmes de beaucoup de verbes irréguliers et les emplois grammaticaux de chaque vocable; 

Les expressions techniques de l'agriculture, de la marine et de tous les arts et métiers;

Les termes populaires de l'histoire naturelle, avec leur traduction scientifique;

La nomenclature géographique des villes, villages, quartiers, rivières et montagnes du Midi, avec les diverses formes anciennes et modernes;

Les dénominations et sobriquets particuliers aux habitants de chaque localité;

Les noms propres historiques et les noms de famille méridionaux;

La collection complète des proverbes, dictons, énigmes, idiotisme, locutions et formules populaires;

Les explications sur les coutumes, usages, meurs, institutions, traditions et  croyances des provinces méridionales;

Des notions biographiques, bibliographiques et historiques sur la plupart des célébrités, des livres ou des faits appartenant au Midi.  (lexilogos)


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 L'Almanach Provençal pour "le Bel An de Dieu 1855" parut la même année, avec ses cent douze pages. 

L'almanach Provençal, Armana Prouvençau bienvenu chez les paysans, estimé par les lettrés, recherché par les artistes, gagna rapidement la faveur du public. Son tirage, qui fut la première année, de cinq cents exemplaires, monta vite à douze cents, à trois mille, à cinq mille, à sept mille, à dix mille et ainsi de suite. (mémoires et récits Frédéric Mistral) 

Lou Tresor dóu Felibige (1878-1886) est  le dictionnaire le plus riche de la langue d'oc et l'un des plus fiables pour la précision des sens. C'est un dictionnaire bilingue, en deux grands volumes, englobant l'ensemble des dialectes d'oc. Il présente à peu près tout le vocabulaire des parlers de la langue d'Oc moderne. Lou Tresor représente un travail extraordinaire qui a suscité l'admiration de tout le monde intellectuel. 

Le Félibrige apparaît de fait, comme le premier grand mouvement de revendication régionaliste, il a pour vocation de favoriser et organiser la sauvegarde, l'illustration et la promotion de la langue d'Oc. Il se fait aussi le défenseur de tout ce qui constitue l'histoire et la culture spécifique des pays d'Oc. Le Félibrige a su évoluer et s'adapter à toutes les périodes de son histoire.

C'est donc naturel qu'un almanach et toujours publié de nos jours. Si à l'origine son champ d'action ne se concentre que sur le provençal, il se verra par la suite étendu, dès la fin du 19e siècle, à toutes les langues d'Oc. 

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Devise de Frédéric Mistral 

'Lou Souléo me fai Canta' 

'Le soleil me fait chanter'

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En 1896 Frédéric Mistral a décidé de créer à Arles un musée des objets traditionnels provençaux. Il L'installe au 2e étage du collège de l'oratoire. À son inauguration, Frédéric Mistral écrit : "Un poème en action", qui, depuis plusieurs années, consacre énergie et argent à enrichir les collections ethnographiques de ce Musée de la Provence. C'est le Museon Arlaten, l'un des tout premiers grands musées d'ethnographie régionale. 

Le Museon Arlaten deviendra le véritable sanctuaire de la civilisation provençale, le Palais du Félibrige.

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En 1897 Frédéric Mistral est reçu membre de l'Académie de Marseille

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Déjà en 1901, lors de la première session du prix Nobel de littérature, Frédéric Mistral figurait de favori fort du soutien des intellectuels romanistes de l'Europe du Nord, dont l'Allemagne. Pourtant le comité suédois ne décerna pas le premier Nobel à Frédéric Mistral. 

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Élu en 1904, Frédéric Mistral obtient le prix de littérature pour l'ensemble de ses œuvres. Par son travail, il a réhabilité la langue occitane en la portant aux plus hauts sommets de la poésie épique. son prix Nobel qui compensait une langue minoritaire, resta unique jusqu'en 1978. La légitimité poétique de la langue provençale était reconnue en sa valeur à l'échelle internationale, même universelle. L'Académie suédoise accompagna l'attribution du Prix Nobel en ces termes : 

"en considération de sa poésie si originale, si géniale et si artistique, ainsi qu'en raison des travaux importants dans le domaine de la philologie provençale". 


La légitimité poétique de la langue provençale était reconnue à l'échelle internationale puisque le prix Nobel signalait sa valeur universelle et la sortait de l'a priori régionaliste.

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La Provence pleure son poète... 

Ainsi tirent les journaux en ces lendemains du 25 mars 1914, celui qui a su redonner à la vieille langue d'oc ses lettres de noblesse et fondé en 1854 le félibrige. Mistral a été un éveilleur de conscience, devenant la lumière des peuples à la reconquête de leur histoire, de leur langue et de leur civilisation. L'auteur laisse derrière lui une œuvre considérable, tant dans le domaine littéraire que dans celui de la défense de la langue occitane. 

C'est dans le village de Maillane que Frédéric Mistral est mort, là où il était né, face au Alpilles, là où il a vécu toute sa vie, au milieu des siens qu'il n'a rarement quitté. Et c'est là qu'on l'enterrera sous l'étoile aux sept rayons qui a illuminé toute son existence. (archives-de-france)

Frédéric Mistral repose au cimetière de Maillane, dans le tombeau qu'il s'était fait construire sur le modèle du 'Pavillon d'Amour de la Reine Jeanne' (voir Baux-de-Provence)

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Le Museon Frédéric Mistral... 

C'est dans la petite maison au sud de Maillane , où Mistral a vécu avec sa mère et plus tard avec son épouse, nommée 'La Maison du Lézard', que la Mairie de Maillane a inaugurée après sa mort un Musée Frédéric Mistral. Dans ce lieu, tout rappelle sa vie, ses œuvres, sa poésie, ses relations, ce sont autant de témoignages d'amitié venus du monde entier, saluer et rendre hommage à celui qui fut le fondateur le plus actif du Félibrige. 



Cette maison bourgeoise reste vivante de toute cette activité culturelle intense. Le Musée a été restauré en 1995, entièrement meublé. À chaque pas, Frédéric Mistral semble encore présent. Quant au jardin, lui permet d'agrémenter une visite d'un parcours poétique, illustré de textes de Mistral. régulièrement, des expositions temporaires mettent l'accent sur un thème cher au poète.(musée frédéric mistral - maillane)  

mars 2020 

pipelet


Occitanie et la langue occitane .......


midilibre

Récemment, la fusion des régions du Languedoc-Roussillon avec de Midi-Pyrénées, constitue la région Occitanie et réunit treize départements au rêve, auquel s'accrochait déjà Charlemagne il y a plusieurs siècles.

Ce texte qui suit, met la valeur sur le territoire de l'Occitanie authentique et non pas sur la nouvelle grande région appelée "Occitanie". 

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Occitanie, le pays de la langue d'Oc.....


ÉTOILE de L'OCCITANIE

L'Occitanie est le nom donné aux pays de langue occitane et qui représente le tiers sud méditerranéen de la France, de l'Espagne et de l'Italie, entre la Méditerranée et l'Atlantique, des Alpes aux Pyrénées. Déjà Charlemagne, il y a plusieurs siècles, souhaitait diviser son royaume en trois territoires en se basant sur les langues vernaculaires utilisées. L'Occitanie fut l'un d'eux. On retrouve les origines de l'Occitanie déjà sous la domination romaine jusqu'au Moyen-Âge où elle a connue le nom d'Aquitania (Aquitaine). 


Le grand changement portait la division de l'Empire franc au IXe siècle. Le pays fut divisée en différents comtés, duchés, royaumes, évêchés et diocèses. L'Occitanie a subi multiples changements de frontières mais également tentations d'unification, mais le pays n'a jamais été politiquement uni à nouveau. La littérature occitane était  ainsi aussi marquée par des périodes décisives. Le Moyen Âge, du XIe au XIIIe siècle, fut celle du passage des troubadours qui influencèrent les littératures de l'Europe occidentale par leurs poésie en langue d'Oc. Ils inventèrent l'amour courtois et répandirent ainsi la langue d'Oc dans tous les milieux cultivés et de cultures des élites dans toute l'Europe. 

Vers la fin du XIIIe siècle qu'apparurent les termes comme -langue d'Oc  -occitan -Occitanie, qui avaient depuis pleinement conscience de son identité.  

Le XIXe siècle a été marqué par une renaissance de la littérature occitane sous l'impulsion du Félibrige créé par le provençal  Frédéric MISTRAL, qui a obtenu le prix Nobel de littérature en 1904. Cela avait comme résultat, que sa langue et sa littérature ont connu une relance et un renforcement jusqu'à nos jours. (extraits basés partiellement sur un texte de *loccitanie - histoire de l'occitanie*)


Carte selon Frédéric MISTRAL (encyclopedia prouvencalo)


Mais restons d'abord sur les origines qui ont formées ce coin de terre. 

Cette région étant la voie terrestre la plus courte entre le bassin méditerranéen et l'atlantique, par le seuil du Lauragais on prend accès sur le bassin de la Garonne et l'océan. Cette route a été utilisée tôt par les animaux et par les hommes, car cet axe mène toujours par voie de terre le long du littoral, de l'Italie à la péninsule ibérique. Connue sous la route d'Héraclès par les Grecs ou la Via Domitia par les Romains.

Ce sont les axes qui ont été empruntées comme itinéraires commerciaux, comme la route de l'étain, la route de la soie, la route du sel... Ce sont également les routes des conquérants, des templiers.... Le pays d'Oc était aussi un pays de la transhumance, des routes empruntées par les troupeaux ovins ou bovins appelées 'draias'. Il y avait la migration des bêtes, mais il y avait aussi la migration des hommes. 


OCCITANIA - ARTABAL (artabal)


Ainsi les basses terres de cette région porta refuge et puisent le renouvellement de leur population, ainsi par la migration saisonnière qui amène des travailleurs venus d'autres régions et d'autre pays voisins. Cette circulation des hommes a constitué un véritable soubassement d'une région de ce deviendra le pays d'oc. Cet échange constant mettait en contact les populations en communiquant à travers une langue commune. Sans ce courant migrant, le latin introduit en Gaule du sud aurait donné naissance à des variétés de langues romanes, comme l'occitan, le catalan et le provençal. (extraits de textes basés partiellement sur un exposé de *univ-montp3 -l'occitanie -une histoire*)___________ 


La Langue d'Oc, espace culturel….  

Bien que la langue d'Oc s'est ou est encore parlée, bien que occultée, cette chantante 'langue d'oc' est porteuse de mille ans de littérature. Elle a été la langue de la poésie pour toute l'Europe aux 12e et 13e siècles. Elle reste la clé la plus efficace pour aborder les autres langues latines, que sont l'italien, l'espagnole, le roumain, sans parler du catalan et le provençal bien entendu, qui appartiennent, comme l'occitan à la famille des langues d'Oc. 



Ces langues ayant un vaste complexe linguistique et culturel étendu de Valence en France jusqu'à Valence (Valencia)  et Alicante en Espagne, de Bordeaux à Nice, même outre frontières d'États, se répandant vers les vallées du Piémont italien,  la Guardia Piemontese en Calabre, les Îles Baléares et Alghero en Sardaigne, sans oublié le Val d'Aran dans l'État espagnole, mais qui appartient à l'autonome intérieure de la Catalogne. 

Il y en existe aujourd'hui encore six variétés de langues parlées et de patois  : le gascon, le languedocien, le provençal, le limousin, l'auvergnat et le vivaro-alpin. (extraits basés partiellement sur des textes *ariège -occitanie, qu'est-ce que c'est?*)

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L'Occitanie aujourd'hui....


CARCASSONE en OCCITANIE


L'Occitanie authentique  compte aujourd'hui 15 millions d'habitants, dont presque la moitié comprennent l'occitan et 3 millions le parlent. Depuis 1945, l'Institut d'Estudis Occitans (IEO) a modernisé la langue et la culture occitanes. L'occitan dispose d'un statut et d'une protection légale. L'occitan est pratiqué aujourd'hui sous styles les plus modernes, musique, littérature, roman, l'occitan est présent dans des émissions de présentation et des nouvelles journalières et autres de la radio et de la télévision, ainsi l'occitan a trouvé sa place sur l'internet. Des écoles associatives les Caladretas, utilisent l'occitan comme langue d'enseignement. Pour conclure, un espace linguistique est par définition un espace de communication. Cela implique au-delà de la langue, des contacts, des traits culturels partagés et une certaine conscience, ne serait-elle que "méridionale". (extraits  basés partiellement sur des textes *partitoccitan*)

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La Catalogne, entre l'espagnol et le catalan.... 


Les deux langues sont des langues romanes issus du latin. Le Catalan appartient à la branche de la famille des langues indo-européennes. Cependant le catalan n'est pas, contrairement à ce que beaucoup pourraient penser, un dialecte de l'espagnol, car ces deux langues ont des origines distinctes. En effet, le catalan ne ressemble en rien à l'espagnol et dérive du latin vulgaire (vulgur) parlé dans les Pyrénées catalanes et, est aussi ancien que n'importe laquelle de ces langues jumelles appelée l'occitan et le provençal. 


Apparut vers l'an 900, le catalan a subi l'influence du castillan à partir du XVe siècle. Le catalan partage davantage de points communs avec l'occitan. Bien que l'usage de cette langue a été interdite, ainsi comme celle de l'aranais ( Val d'Aran), en public sous Franco, pourtant ces langues ont  continué d'être parlées en Espagne. 

Aujourd'hui, depuis 1978, le catalan est la langue officielle de la Catalogne. Elle est parlée dans les grandes villes comme par exemple  à Barcelone. Toutefois, le catalan est la langue principale dans le primaire, secondaire et universitaire de la région. 

Le catalan est utilisé non seulement dans la région autonome de la Catalogne, mais aussi en Andorre, un État indépendant ayant le catalan comme langue officielle.  


VALL D'ARAN - CIRC DE SABOREDO


Il faut remarquer, que le Val d'Aran, autonome à l'intérieur de l'autonomie de la Catalogne, mais où la langue occitane fut reconnue comme langue officielle depuis 1990.

Les Îles Baléares, la région de Valence (Valencia), de la région d'Aragon, à Alghero en Sardaigne ainsi que en France dans le Roussillon, la Cerdagne, appelé le "Catalogne septentrional ou roussillonnais"

Par opposition au castillan, qui s'est opposé de fait à toute l'Espagne, une forte revendication est née en Catalogne de mandant la reconnaissance officielle du catalan, qui a été acquise dès la mort de Franco. Cette reconnaissance a été demandée aussi par le gouvernement espagnol auprès de la Commission européenne en 2004.

 

BARRAGE des BOUILLOUSES en CERGAGNE (bourg-madame) " la Catalogne septentrionale ou roussillonnais"


Cette région comprend la Catalogne-Nord, donc la majeur du département des Pyrénées-Orientales qui est donc catalane et non pas occitane. En France, en décembre 2007, le Conseil général des Pyrénées-Orientales s'est engagé à oeuvrer à la promotion, au développement et a la diffusion de la langue et de la culture catalanes. Ce département possède d'ailleurs des panneaux de signalisation routière bilingues sur toutes les routes départementales. 

La principauté d'Andorre est le seul État indépendant dont le catalan est la langue officielle. Le premier discours en catalan a été prononcé par Òscar Ribas Reig à l'Organisation des Nations unies en 1993, lors de l'entrée de la Principauté d'Andorre à l'UNO. Il est aujourd'hui possible d'utiliser cette langue dans les institutions de l'Union européenne et à l'UNO, bien qu'elle ne soit pas langue officielle.


Le catalan et l'espagnol possèdent :  

   -une grammaire différente    

   -une prononciation différente   

   -un vocabulaire distinct  

   -des règles orthographiques distinctes  

   -une intonation complétement différente

Il s'agit définitivement de deux langues complétement individuelles et distinctes. 

exemples: 

- catala : l'art de traduir é molt dificil                 - espagnol : el arte de traducir es muy dificil 

- catala : les forces de l'ordre son pacifiques       - espagnol : las fuerzas del orden son pacificas

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La Lengo prouvençalo, langue mistralienne…. 

 

Le Provençal, où est-il, d'où vient-il, où va-t-il ?  


Où est-il ? Le provençal tire son nom de la Provence, qui de sa part, tire le sien de la Provincia Romana, le territoire sur lequel les Romains s'installent aux alentours de 125 av. J.C., date de la fondation d'Aix par Sextius Calvinus. Ce territoire s'étend des Pyrénées à Toulouse et à Vienne jusqu'aux Alpes. 

CARTO-PROUVENCAU (prouvenco.presso)

D'où vient-il ? La langue la plus ancienne connu de cette région, que les latins appelaient "Ligures", nom qui est demeuré à la province italienne de Ligurie.  Du temps des Grecs, étant installés à Marseille avaient créé de nombreuses colonie entre Agde -Agathè Tùkhé et Nice - Níkaia. Les latins, très influencés par la civilisation grecque, intègrent de nombreux mots grecs dans leur langue.

Après la chute de l'empire romain en 455, les invasions germaniques apportent un contingent notable de mots et de noms de personnes, qui sont aussitôt latinisées.


Mais, provençal ou français ou italien ou espagnol, l'origine de ces langues est exclusivement le latin. C'est cette langue qui s'est parlée sans discontinuité depuis le 1er siècle av. J.C. En Provence et qui a évolué de génération en génération pour produire les langues romanes modernes.

Le terme de "Provence" va se spécialiser à partir du haut Moyen-Âge pour désigner un ensemble aux frontières sans cesse variables qui va de la rive droite du Rhône aux Alpes, même si jusqu'à une date récente, le nom de Provence continuera à désigner en même temps, tous le pays de langue d'oc. 


LES BAUX DE PROVENCE


Or celui qui s'intéresse à la lengo nostro se trouve rapidement face à deux écoles :  le provençal et l'occitan. D'après le 'Collectif Provenco', opposé à l'occitanisation de la Provence, la coexistence des deux langues en Provence serait un frein à l'enseignement. Une langue qui se prononce à peu près de la même façon, mais qui s'écrit totalement différemment. En effet, il existe deux graphies, l'une provençale ou mistralienne, l'autre occitane et classique. En ce cas, le provençal serait la déclinaison locale de la langue d'Oc, une langue, qui était parlée entre Bordeaux et Nice.

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Le Provençal et le Niçois.....

Niceae été habitée dès les époques préhistoriques. Certaines découvertes archéologiques prouvent que cette région avait été peuplée par une civilisation préhistorique. Le début de l'histoire de Nice remonte à l'an 359 av. J.C., lors de l'établissement par les Grecs en un lieu-dit Terra Amata, sur le bord de la mer méditerranéenne et lui donnant le nom de NIKAIA, selon Nike, Déesse grecque de la victoire. Entre 900 et 500 avant J.C. les Ligures construisent les Oppidums et occupent ainsi la colline, aujourd'hui "Le Château" et celle de "Cimiez"


MUSÉE et SITE ARCHÉOLOGIQUE- NICE-CIMIEZ (info.provence)


Pendant quelques siècles, Nice a oscillé entre la domination française et italienne. Suite à l'unification de l'Italie, le traité du 24 mars 1860 consacre la réunion du Comté de Nice à la France. Le provençal et le niçois sont des langues romanes de la famille d'Oc. 

La langue provençale est parlée ou comprise par plusieurs centaines de milliers de personnes dans la région Provence - Alpes - Côte d'Azur et au-delà, dans la Drôme provençale, la région nîmoise et une douzaine de vallées du Piémont italien. La langue niçoise est parlée uniquement dans l'ancien Comté de Nice.

Où va-t-il ? Le provençal et le niçois sont vécus par les provençaux comme des langues à part entière qui jouissent d'un large soutien de la population et des collectivités locales, bénéficiant un net regain dans la vie publiques depuis quelques décennies, comme publicités, signalisations routières, festivals, théâtre, édifices.... Le provençal et le niçois, langues particulières de la Provence, sont spécialement reconnus comme langues menacées par UNESCO et par le guide des langues du monde qui fait autorité au niveau international. 

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Les Langues romanes suivant la façon de dire "oui"...…. 


Le  provençal, le français, l'italien, l'espagnol, l'origine de ces langues est exclusivement le latin, c'est cette langue qui s'est parlée sans discontinuité depuis le 1er siècle av. J.C. dans la partie sud de l'Europe et qui a évolué de génération en génération pour produire les langues romanes modernes. sur le territoire de la Gaule, le latin évolue de façon différente au nord et au sud. 

On y distingue à partir du Moyen Âge une langue d'Oïl et une langue d'Oc, manière qu'avait l'époque de dénommer ces langues émergeantes, par la façon dont on y exprime le mot signifiant "OUI", en dénommant aussi bien le territoire, que la langue du nom de "lingua occitane"- s'opposant à une "lingua ouytana". Or, l'occitan est la langue officielle de la littérature et de la poésie.

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Les Troubadour ou les Trouvères….  

 

TROUBADOURS (musique moyen age)


Les troubadours sont issus aussi bien de la noblesse que des milieux les plus modestes. Les troubadours du Moyen Âge sont connus pour leur maîtrise de la poésie et leur mise en scène de la musique. Véritables artistes médiévaux, les troubadours sont apparus vers l'an 1000 de notre ère. Ils expliquent uniquement en langue occitane. Accompagnés de leur instrument, le plus souvent le luth et ou la flûte, ils animent dans la rue et dans la cour des Seigneurs, lors de certaines festivités, par leurs histoires, leurs contes, leurs balades et leurs chansons. Aussi ont-ils influencé les littératures en Europe. Trouvère signifie -trouveur, inventeur et répond dans la langue d'Oïl à celui de troubadour dans la langue d'Oc.

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De vulgari eloquentia ,  le Traité  de la langue vulgaire de Dante 1303.... 


-toutes les références aux propos explicites de Dante sur la localisation des langues, déjà suffisamment complexe, sont des citations données là que comme exemple - en fait, Dante nomme des peuples et non des États- 

Depuis, de nombreux auteurs ont commencé  à écrire non plus en latin mais en langue "vulgaire", c'est à dire dans le dialecte de leur région ou ville, en terme de langue nationale. En ce sens, Dante Alighieri est bien le "père" , soit l'inventeur de la langue italienne

Dante- de vulgari eloquentia- (uni-mannheim)

Dans son Traité, "De vulgari eloquentia", Dante Alighieri consacre d'abord 7 chapitres à étudier le problème de la langue en général. Il définit la langue vulgaire, celle que nous apprenons en imitant sans aucune règle notre nourrisse. Cette langue est "la plus noble" parce que c'est la première utilisée par le genre humain et parce qu'elle est universelle et elle est "naturelle".

Dante, en étudiant les langues d'Europe, a classifié d'abord les langues romanes suivant la façon de dire "OUI", donc -Oil au Nord  -Oc au Sud  -Si en Italie -Jo des pays nordiques -Iò des pays orientaux

Il distingue alors les trois langues qui dominent l'Europe à la fin du XIIIe siècle : 

la langue d'Oil = le français 

la langue d'Oc = l'occitan et 

la lingua del Si = l'italien. 

En France, le pouvoir royal conserve d'abord à la langue d'oc son rôle de langue administrative. Mais sous pression sous François  I° avec ordonnance de 1539, qui prescrit de rédiger les actes officiels en "vulgaire-français" -langue populaire.

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La renaissance de la langue d'Oc….. 


La littérature, encore brillante au XVI siècle, connaît une éclipse aux deux siècles suivants, et c'est avec le mouvement dit du réveil des nationalistes au début du XIXe siècle que l'intérêt pour la langue d'oc renaît et que des œuvres littéraires de grande valeur voient le jour. 

La Provence va tenir un rôle prépondérant dans ce qu'on appelé la renaissance ou le second classicisme de la langue d'Oc, grâce à l'œuvre de Frédérique MISTRAL et le mouvement qu'il a créer …                                                    

       

              Lou Tresor dòu Felibrige 

                       Frederi Mistral


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Sources : -extraits basés partiellement sur des textes  

nosinfo; occitania; occi.free;  ieo.paris;axl.cefan; espagne-facile; italie-infos; univ-montp3; prouvenco.presso; notreprovence; ville-de-nice; cimiez 

rédaction : pipelet

31 août 2019

pipelet  

www.gira-sole.info 

 

Charles Robert DARWIN

Naturaliste scientifique anglais 

CHARLES DARWIN

Né à Shrewsbury dans le Shropshire, il y a tout juste 210 ans, le 12 février 1809 d'un père médecin et d'un grand-père naturaliste. Enfant, il collectionne les minéraux, les coquillages, les cachets de poste… et ne montre pas de grand intérêt pour les études "on me considérait comme un garçon fort ordinaire, plutôt au-dessous de la moyenne" - "à ma grande mortification, mon père me dit un jour 'vous ne vous souciez que de la chasse, des chiens et de la chasse aux rats et vous serez une honte pour votre famille et pour vous même' ". Pourtant il exerçait en compagnie de son frère Erasme à faire de la chimie, ce que luis valut une réprimande du maître d'école, le blâmant perdre son temps à des sujets inutiles. Charles commence donc en 1825 des études de médecine à l'université d'Edimbourg. Il fut membre de la Royal Medical Society. Les cours l'ennuient et, au bout de deux ans, il arrête ses études. en 1827 il change de voie et commence à étudier la théologie à Cambridge pour devenir pasteur. Peu intéressé par les cours, il continue de chasser et se passionne pour sa collection de coléoptères. Il suit avec intérêt les conférences sur la botanique de John Stevens Henslow avec qui il se lie d'amitié. Leurs discussions sont nombreuses sur différents sujets. Henslow le persuade d'étudier la géologie. Mais ces cours de géologie, il les jugeait incroyablement ennuyeux. La chasse, les course, les diners, les cartes firent le fond de ses occupations.

En 1831, Henslow lui proposa, d'accompagner en qualité de naturaliste non rémunéré, le capitaine  Friz-Roy, chargé d'une expédition hydrographe à la Terre de Feu.  

Le voyage à bord du Beagle 

DARWIN - TRACÉ VOYAGE AVEC LE BEAGLE

Le Beagle sur lequel Darwin allait s'embarquer était un petit vaisseau de 242 tonnes, de genre de navires de couler par mauvais temps. Le départ eut lieu en décembre 1831, un long voyage de cinq ans autour du monde, en Amérique du Sud et dans les Îles du Pacifique.

Durant cette période, il recueille une énorme quantité d'observations biologiques et géologiques. Les phénomènes naturels qu'il constate, comme la distribution des fossiles, le persuadent qu'ils ne peuvent être expliqués par la seule création et que les espèces animales et végétales ne sont pas immuables. Or le voyage fut très pénible pour Darwin. Il était très étroitement logé, sensible à l'excès au mal de mer. 

En 1832, en Uruguay à Montevideo, trouvant des fossiles de grands tatous, il constate que l'espèce a diminué de taille, premières hypothèse d'évolution!? C'est surtout dans les Iles Galapagos, en 1835, que ses observations l'amènent à élaborer l'ébauche de la théorie. Il remarque qu'une même espèce retrouvée sur plusieurs Îles présente des différences notables. Le cas des pinsons est exemplaire de ces évolutions : suivant le lieu, le bec est adapté à différentes sortes de nourritures… 

 

À son retour à Londres en 1839, Charles Darwin publie le récit de son périple, -Voyage d'un naturaliste autour du monde- et commence à exploiter la masse de données qu'il en a ramenées. Darwin se lia beaucoup à cette époque avec le géologue Lyell qui venait de publier ses célèbres -Principles of Geology- et accepta de 1838 à 1841 les fonctions de secrétaire de la société géologique.

Charles Lyell, géologue, émet l'hypothèse que la terre se transforme au fur et à mesure de l'érosion et des éruptions volcaniques. Charles Darwin écrit, en 1837, un -Carnet sur la transmutation des espèces- qui reprend ses observations et ses principales réflexions. Thomas  Malthus publié en 1798 un essai sur -la population, où l'économiste démontre que, la population augmentant perpétuellement, il existe une lutte pour la survie, et que seuls les individus présentant un avantage quelconque pourront survivre-. Cet ouvrage va fortement influencer Charles Darwin. 

 

DOWN HOUSE (maisons-ecrivains)

 

En 1839, Darwin épousa Emma Wedgwood, et se sont installés à Londres. Mais sa santé s'accommodant mal de la vie de la grande ville, il acheta une propriété à Down. C'est là qu'il allait passer le reste de sa vie dans le silence et la verdure. Il se levait de bonne heure et, après avoir fait une courte promenade, il travaillait durant la matinée, tandis que l'après-midi il visitait ses serres, ses champs d'expériences ou il se promenait dans la campagne en observant les oiseaux, les animaux et les fleurs.

En 1842, Darwin publie 'The Distribution of Corals Reefs', véritable compilation de ses observations sur les récifs coraliens recueillies pendant son voyage. Tout en continuant ses recherches sur l'évolution, il publie des ouvrage  consacrées à la sélection naturelle. Il publie des ouvrages sur la géologie de l'Amérique du sud en 1851 et en 1854 sur les Îles volcaniques. 

En 1858, Darwin apprend que Alfred Russel Wallace, naturaliste, prépare également une théorie sur le même sujet de prédilection, évolution, "De la tendance des variétés à s'écarter indéfiniment du type primitif", rédigé sur les Îles Ternate, fut adressé pour avis à Darwin. Sur la proposition d'éminents confrères, l'essai de Wallace. Un arrangement qui favorisa Darwin, le 01 juillet 1858, Charles Darwin et Alfred Wallace présentent conjointement leurs travaux à la Linnean Société de Londres. 

 Charles Darwin poursuivait avec patience infinie ses observations et  ses réflexions journalières et c'est grâce à ce labeur ininterrompu que malgré ses scrupules excessifs, malgré une défiance extrême à ses propres idées, il a laissé une des œuvres les plus considérables qui soient dues à un naturaliste. Charles Darwin s'éteint à Down, le 19 avril 1882 à l'âge de 73 ans. 


"les espèces qui survivent ne sont pas les espèces les plus fort, 

ni les plus intelligentes, 

mais celles qui s'adaptent le mieux aux changements" 

signé : Charles Robert Darwin

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source extraits de texte : hominides ; e-equateur ; atheisme ; biographie Charles Darwin 

12 février 2019

pipelet

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Le phototropisme 

Mouvement des Plantes vers la Lumière (giardinaggio)

Charles DARWIN , botaniste a été le premier à s'affronter de 1830-1840 avec sa perspective 'Exemple de phototropisme de Darwin'- "trois jours après le début de leur germination, en placant  des coléoptiles de haricots à côté d'une source de lumière. A ce stade, les cellules du coléoptile ont cessé de se diviser par mitoses et la croissance s'effectue uniquement par élongation des cellules. Après environ 4 heures d'exposition, on constate une forte inclinaison des pousses en direction de la lumière. Ce mouvement est appelé phototropisme, il est positif car la plante se dirige vers la lumière. Ce phénomène se produit aussi avec d'autres plantes, comme le blé, l'avoine, le tournesol…"

Réaction des Plantes vers une source d'énergie (slideplayer)

Le phototropisme représente une réaction fondamentale des plantes à leur environnement lumineux d'autant que la lumière, par la photosynthèse représente la source d'énergie. Le phototropisme fait intervenir une régulation de la croissance indulte principalement par une hormone : l'auxine. Comme celle-ci a un effet différent sur les tiges et les racines, ceci explique que les mêmes stimuli externes se traduisent par des réactions différentes selon les organes. Ce phénomène a été découvert et analysé au siècle dernier par Charles DARWIN.

sources : extraits de texte - charlesdarwin.fr - omnilogie.fr - aujardin.fr

mai 2015   

pipelet

 

 

 

 

2019 Portrait d'un Historien de Septimanie

Pierre-Albert Clément écrivain Français


Pierre-Albert CLÉMENT Historien

Pierre-Albert Clément, né le 04 septembre 1924 à Nîmes, et décédé le 26 novembre 2014 à Alès. Il passe son enfance à Canaules dans le Gard où son père était instituteur. Élève au Lycée d'Alès, très studieux, "je n'ai jamais eu de notes fabuleuses en dissertation. Toutefois j'ai accumulé un très riche vocabulaire car j'ai dévoré quantité de romans et de récits historique".

La résistance et le maquis

Pierre-Albert Clément Inauguration Stèle au Champ-Domergue 2012

En 1943, il prépare l'École Militaire de Saint Cyr et l'École des hautes Études Commerciales à Montpellier. En 1944, il s'engage très jeune dans la résistance au maquis de Saint-Fézal-de-Ventalon en Lozère, est affecté au camp de Champ-Domergue et en août 1944, dans l'Ilôt de résistance à Saint-Ambroix. En août il a été blessé par une balle explosive où il a fracassé son bras droit. Il recoit la médaille de Légion d'honneur pour actes au péril de sa vie et la médaille de la Libération. En septembre 1944, il a été affecté à l'hebdomadaire "Le volontaire des F.T.P., où il a alors rédigé ses premiers articles, puis au journal L'Assaut qui lui succède jusqu'au septembre 1944.

 Les études

 1944 il recu au concours d'entrée HEC et sortait licencié en lettre en 1947 et docteur en droit en 1952. Devenu membre non-résident de l'Académie de Nîmes et Président du "Lien des chercheurs Cévenols" À la fois homme de cabinet et homme de terrain, Pierre-Albert Clément a pris une part active à la refondation de l'histoire du Languedoc. 

Chemins à travers les âges

Pierre-Albert Clément, spécialiste des chemins de circulation et des drailles du littoral languedocien, des murailles protectrices des Cévennes et au Massif Central par le flux et le reflux des migrations humaines, aussi loin que l'on puisse remonter dans l'histoire de la région. son ouvrage "Les chemins à travers les âges en Cévennes et bas Languedoc" montre le brassage continuel des populations, dès le Néolithique en passant par le Chalcolithique, du ibéro-ligure du premier âge de fer, de l'ethnie celte des Volques à l'occupation romaine et ses colonies de légionnaires, des grandes invasions des groupes wisigoths au réveil commercial du Moyen-Âge. ainsi, au long des siècles, l'isthme languedocien se perpétuera en un gigantesque creuset où se fondront des populations aux charactères originaux divergents.

Les Chemins à travers les Âges en Cévennes et le bas Languedoc,

Clément, Pierre-Albert

ISBN 978-2-35414-023-6  Nouvelles Presses du Languedoc NPL Editeur

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 Ambrussum- Via domitia

 Tout au long de son histoire, cette zone de passage a été marquée d'une empreinte invariable. Première région francaise à  avoir été pourvue d'un système cohérent de voies de communication, elle a vécu depuis au moins trois millénaires pour et par son réseau de chemins. Dans son ouvrage "La via Domitia, des Pyrénées aux Alpes", Pierre-Albert Clément sait nous transmettre par sa recherche scientifique, ce réseau de chemins de liaison qui ont constamment fait rêver ceux qui se  passionnent pour l'histoire de l'Antiquité. 

"La via Domitia, qui reliait l'Italie à l'Espagne à travers la Gaule méridionale", est devenue un véritable modèle, tant sur le plan de la recherche scientifique que sur celui de la mise en valeur touristique.

Cet ouvrage nous permet de marcher sur les sections miraculeusement épargnées, de visiter les villes nées sur le passage, avec leurs riches vestiges romains et romans et d'entrer dans des musée où sont évoqués la vie et l'environnement des habitations, 2000 ans en arrière. La voie commence à Gérone en Catalogne et se termine à Suse, dans le Piémont italien. La voie romaine porte en elle une forte symbolique. Dans l'imaginaire collectif elle est assimilée à toute-puissance d'un immense empire qui a été le premier à mettre en place un réseau structuré de chemins. 

La via Domitia, des Pyrénées aux Alpes, Clément, Pierre-Albert

ISBN 978-2-7373-4412-1 Editions OUEST-FRANCE

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Aux origines de l'estivaduro et de  drailles 

la peyre plantade Causse-Cévennes

 Ce sont certainement les mires naturelles. comme les pierre levées "la peyre plantade" en occitan, qui ont donné à l'homme l'idée de repérer lui-même ses premiers itinéraires. D'autres points de convergence des premiers itinéraires ont été les enchancrures ouvertes oar les cours d'eau. Les dernières découvertes en matière de viographie, la science des chemins confirment que les plus anciennes pistes repérées souvent en continu sur plusieurs centaines de kilomètres suivent fidèlement les lignes de partage des eaux. C'est qu'on appelle en occitan "l'aiguovers" traduit "eaux versantes". D'autre part, en cheminant de cime en cime, il est bien plus facile de s'orienter. Des pistes néolithiques existent encore et porte le nom ciblé de "tsami de lou Faitri" en occitan, "Chemin des Faites". 

Transhumance - Draille Causse-Cévennes

"l'estivaduro" - Troupeaux de Transhumance

Il faut souligner qu'en Occitanie le nom de draille "dralha" est très fréquent dans les territoires occupés autrefois par les ethnies celtes, la draille a souvent servi de voie de transhumance. Le mot de transhumance, importé d'Espagne au début du XIXe siècle, n'est jamais prononcé par les bergers occitans. Lorsqu'ils pratiquent le cyclo-pastoralisme, ils emploient les verbes estiver, endrailler ou amontanher. L'archólogie nous apporte une date post quem concernant l'estivaduro accompagnée par l'homme.  

On trouve des textes relatifs au cycle-pastoralisme dans le bassin méditerranéen, dès le premier millénaire av. J.C.. Le phénomène de l'estivaduro caractérise le bétail à laine. Les déplacements saisonniers des troupeaux ont contribué à accentuer la complémentarité des plaines et des montagnes pendant plusieurs millénaires. Pendant la première quinzaine de juin, à une date déterminée par le calendrier lunaire, les immenses troupeaux quittaient les sites d'hivernage des plaines pour gagner leurs estives d'altitude. Deux haltes-étapes marquaient la journée de draille. Partis aux premières lueurs du jour, bêtes et bergers marchaient environ cinq heures et s'accordaient une pause pendant à peu près le même intervalle de temps pour les arrêts de midi et du soir se sont perpétués au long des siècles sous les noms de pauses, des parades, des aires, des pargués et des corts.

"En Cévennes avec les bergers" 

Pris de passion pour les univers particulier, Pierre-Albert Clément se penche sur le devenir d'un des plus vieux métiers du monde, en accompagnant les bergers d'Occitanie et en suivant les troupeaux de moutons à travers garrigues, causses et Cévennes pendant cinq jours, en accomplissant ainsi un véritable voyage à l'intérieur du monde secret et mystérieux des éleveurs d'ovins. Dans ce nouveau livre "En Cévennes avec les bergers" l'auteur nous dévoile cette marche à l'estive dans cinq carnets de route qui se présentent chacun comme un véritable récit d'aventures, mêlés de tendresse, de l'humour sans cesse présent, sans oublié de transmettre au lecteur, la découverte de nombreuses informations inédites sur l'histoire, la géographie, l'agronomie et l'ethnologie d'une des contrées les plus attachante d' Europe.

En Cévennes avec les bergers, Clément, Pierre-Albert 

ISBN 978-2-85998-085-7  Nouvelles Presses du Languedoc, Max Chaleil Éditeur 

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Pierre-Albert Clément Salon du Livre à Sauve

Pierre-Albert Clément a présidé le second Salon du Livre à Sauve dans le Gard, un Président atypique, forte personnalité. Gourmand de connaissance et curieux de savoir, il cherche, se renseigne, compare. Il met la dernière main à un ouvrage témoin de ses premiers amours "l'Histoire de Sauve". En décembre 2011, dans le cadre du deuxième salon de Livre, l'auteur a pu dédicacer ses ouvrages et a donné avec grand succès une conférence-débat sur les richesses de Sauve.

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En 2012 en mai, il inaugure la stèle consacrée au maquisards à Champs-Domergue

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"Pierre-Albert Clément est parti pour sa dernière transhumance le 26 novembre 2014. Mais, il nous a laissé des traces indélébiles auprès de ceux qui ont partagé son pas assuré et généreux sur le chemin hasardeux des hommes." 

-  Donato Pelayo et Tristan Cuche  -

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sources de ce reportage:

extraits de texte livre.fnac; autour-des-auteurs (ada); éditions-ouest-france; commune de Sauve (Gard); midilibre; parc-national-des-cévennes; 

février 2019 

pipelet

 

 

Lorsqu'on parle des Cévennes

on ne peut pas contourner un de ses grands écrivains de sa région


Jean Pierre CHABROL    "un homme à la fois libre et engagé" 

Jean-Pierre CHABROL écrivain


 Jean Pierre Chabrol -

 "je cherche toujours à savoir qui je suis, qui j'étais alors, et pourquoi mes angoisses se multiplient avec l'âge, et s'inscrustent. D'après Zola, y a-t-il autre chose en art que de livrer ce qu'on a dans le ventre? Alors cet été-la, pardonnez-moi, je me suis soulagé: ma Cévenne, mes voisins, mes parents, mes amis, les mineurs, les paysans, mon atavisme huguenot, mes idéaux marxistes, sur la terre comme dans le ciel, et sous la terre, la tramontagne, la vigne et le charbon, un 'mescladis' selon le vocable occitan, tout cela partait d'un lieu, un village que je nommais 'Clerguemont', qui rayonnait comme un soleil dont la chaleur allait réverbérer jusqu'à Paris, jusqu'à Hambourg...."

"J'étais loin de ma vallée, loin de mon enfance. La nostalgie est créative. Jamais je n'ai été aussi seul, mais j'étais habité, en communication directe avec mon enfance, ces années de simple bonheur, un fabuleux mois d'août. Je voudrais retrouver aujourd'hui l'état d'esprit qui était le mien ce jour où je tracais les premiers lignes du premier tome. Trente ans déjà! je voudrais comprendre, me comprendre...Je crois bien que je n'y arriverai jamais. La vie, ma vie, se sera passée dans l'inconscience, ma légèreté comme disaient les professeurs. Et puis, bizarrement, un beau jour, je me suis laissé pousser la barbe et on m'a pris pour un homme sérieux" - signé Jean-Pierre Chabrol

 (extrait de la préface de la publication - Gens de la Cévenne- , Omnibus, édition de 1993) 

Pont-de-Rastel - Chamborigaud  

Jean-Pierre Chabrol, est né le 11.06.1925 dans l'école laique de Chamborigaud (dans le Gard), en terre cévenole, fils des instituteurs, il a été élevé au Coeur des Cévennes, au pied du Mont Lozère et de la montagne du Bougès. après une enfance heureuse au mas de famille le Gravas, la ferme de ses ancêtres, construite de 1310 à 1325  au Pont de Rastel, petit hameau de la commune de Génolac. 

Pont-de-Rastel Mas familial

Il effectue ces études primaires et secondaires à Alès capitale du bassin minier des Cévennes, où ses parents exercent désormais leur profession, Très tôt, il s'intéresse au dessin et à la poésie, il rêvait devenir dessinateur. En 1942, enpleine période de guerre, il passe son bac, puis il est admis en khagne, (classe préparatoire de lettres) à Paris. 

Pont de Montvert

Le Pont-de-Montvert ( Tarn-Lozère-48 )

Lors de son retour en Cévennes, il rentre en contact avec des résistants, puis menacé d'arrestation par la Gestapo, il décide prendre le maquis en 1944. Adolescent douillet et inconscient, quitte son cocon pour la haute montagne rebelle. Il monte pour rejoindre des gaullistes, où il tombe par erreur sur des jeunes communistes, dont le drapeau est rouge et le chant - l'Internationale. Ce hasard marqua profondément son destin. Le maquis du Bougès étant cosmopolite et à proximité des mines qui ont attiré une main d'oeuvre venant de nombreux pays. À ces mineurs s'ajoutent des refugiés fuyant les dictatures qui s'installent en Europe. De ses rencontres, Chabrol conserve un grand esprit internationaliste, ainsi qu'une attirance marquée pour le monde ouvrier, pour les milieux modestes, qui lui fournissent de nombreux personnages de ses romans. C'est aussi dans le maquis qu'il prend conscience de son hérédité cévenole. 

La Cévenne - Mont Lozère

"je me croyais cévenole pur sang,

mais seul le maquis m'a appris ma Cévenne"

"Les quelques mois de printemps et d'été 1944 que j'ai appris dans le maquis communiste sur ma montagne cévenole ont été décisifs sur ma formation, ma psychologie et ont orienté ma vie tout autrement que l'avaient préparée mes parents et que je l'envisageais moi-même.... Le secret était la règle absolue en arrivant on se dépouillait de tout, on ne pouvait garder rien de personnel, rien qui permette de vous identifier, vivant ou mort. 

On perdait son identité, on recevait un nom de guerre. Ce dénuement si parfait procurait paradoxalement une sorte de soulagement, on naissant une seconde fois... Quand on couche vraiment à même la terre, ca change tout, on sent ce pays qui vous pousse dans les reins. Tel l'un des fiers mots de passe des camisards 

-la terre est mon lit, hurlait la sentinelle du Désert-   -le ciel est ma couverture, devait répondre l'arrivant- 

Je n'ai pas été un héros de la Résistance, ma participation a été d'un poids négligeable dans un rapport des forces en présence, je n'étais qu'un gamin inconscient et crédule"

extrait de texte de- l'Épreuve du maquis, du roman -un Homme de trop-

signé: Jean-Pierre Chabrol , Omnibus édition 1998 

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À la libération, il suit l'Armée francaise jusqu'en Allemagne et en Autriche. Démobilisé, incapable de reprendre ses études, il vit à Paris où il gagne ses premiers sous comme dessinateur et caricaturiste à l'Humanité (quotidien communiste). Il éprouve beaucoup de difficultés, comme beaucoup de ses camarades, dans le retour 'a la légalité. Bientôt, il se fait remarquer par la qualité de ses chroniques et on lui confie la rubrique des faits divers et des reportages. Ses camarades appréciant davantage sa facon d'écrire que sa facon de dessiner, il devient rapidement chef de l'information à la collaboration au journal l'Humanité et au parti communiste, du jour de l'invasion soviétique à Budapest, en 1956. Le goût de liberté et celui de la contestation reprennent le dessus.

Jean-Pierre Chabrol opte non plus pour l'enseignement, mais pour le journalisme et pour l'écriture romanesque, qui sera la voie royale de ses successives "résurection", il poursuit sa quête des origines. Il écrit en francais, mais il sent en occitan, et c'est ce qui donne son intensité à sa rencontre avec Claude MARTI, instituteur à Couffoulens dans l'Aude, chanteur, militant occitaniste, avec qu'il écrit plusieurs livres.

Les Cévennes 

La Dernière Cartouche, CHABROL,Jean-Pierre

Il rencontre alors Louis ARAGON, qui l'encourage à écrire son premier roman "La dernière Cartouche" qui se déroule pendant la guerre d'Indochine et l'incite à le publier en 1953. Puis Un homme de trop", sur le sujet de la résistance, publié en 1958, Costa GAVRAS en a fait un film réunissant des acteurs prestigieux. On y retrouve les thèmes chers à Chabrol, ceux qui parsèment son oeuvre, à savoir les Cévennes, les camisards, le maquis et surtout les petits gens, le peuple qu'il sait si bien décrire.

Le succès vient en 1961 avec "Les fous de Dieu", l'histoire évoque la guerre des Camisards dans les Cévennes, suivi en 1965 de la trilogie des "Rebelles", l'histoire de son village natal dans les années 30, "La Gueuse" en 1966 et "l'Embellie" en1968. Les trois romans forment une large chronique de la Cévenne et est en même temps une chronique autobiographique.

"tendre et violente Cévenne.... Nous descendions de notre camp du Bougès par les mêmes sentiers que le grand Abraham MAZEL. Je n'aurais jamais écrit "Les Fou de Dieu" si je n'avais pas crevé de froid sur le Bougès, couché le long d'un vieux mauser" 


L'oeuvre de Jean-Pierre Chabrol se trouve donc marqué par une double influence : celle du mouvement ouvrier, ses sympathies hésitent longtemps entre le communisme et l'anarchisme et celle de son hérédité cévenole, il est athée mais se sent profondément lié au destin de ses ancêtres protestants. 

Jean-Pierre Chabrol conteur à mi-voix. Lors d'une intervention à la télévision, on découvre les talents de Jean-Pierre Chabrol pour le conte. Avec la série des "conteurs" il marque son époque. Dès les années 1960, son goût des histoires qu'on se transmet à la veillée et de génération en génération, l'amène à participer l'aventure à faire revivre devant la cheminée, par ses talents de conteur, les récits de son enfance.   "-Veillée-, -Coin de feu-, sont des mots à la mode et singulièrement depuis qu'il n'existe plus ni cheminées, ni voisins, que la veillée devient, par la télé, une et semblable pour tous. Je me laisse dire parfois que je n'y suis pas pour rien, malheur de moi !"

au Gravas - Pont de Rastel

Jean-Pierre CHABROL (jeanpierrechabrol)

En 1968, fortement empreint de nostalgie, et encore plein d'espoir dans l'avenir de sa région, il retourne aux Cévennes où il s'installe dans le vieux mas. Il enchaine des émissions de radio, des reportages, des pièces de théâtre, des livres. 

Mais le bassin minier lutte pour sa survie, la vielle maison, le village mourant lui pèsent désormais, la fermeture progressive de tous les puits de mine conduit Chabrol au bord du désespoir littéraire. 

Après un dernier livre sur le mouvement ouvrier "le Canon fraternité", écrit en 1971, dont l'action se déroule cent ans plus tôt sous la commune de Paris. 

Il remonte à Paris, il écrit "la Crève-Cévenne", où il évoque la mort du vieux pays, à travers le vieillissement et la mort de ses habitants. C'est un cri de colère, "crever sa mort dans la mort de sa terre" - "les feuilles mortes ont un poids qu'elles font crier le sol", publication en 1972. Puis en 1976 "dans la Cévenne par les gens", une bonne dizaine de romans  vont suivre, pour ne pas les énumérer, en passant par "le lion est mort ce soir" en 1982 où "le Bonheur du Manchot" en 1993, "les Aveux du silence" en 1995.

Jean-Pierre Chabrol et ses amis

LES AMIS DE JEAN-PIERRE CHABROL (l'Express)

Entretemps, la télévision et la radio font de Jean-Pierre Chabrol le conteur le plus célèbre du pays. Et quand il monte sur les planches du théâtre vers la fin des années 90, à 60 ans passés et trente bouquins publiés, pour une série de tournées en France, en Suisse, en Belgique, "c'est pour surmonter un coup de déprime" dû à la disparation successive de ses amis: Mac Orlan, Jacques Brel, Aragon, Brassens et Lanoux, de ses parents, de sa femme. Mais il a l'énergie chevillée au corps.

Retour aux sources 

LE VIADUC DE CHAMBORIGAUD arrière plan le MONT LOZÈRE (techno-science)

En 1995, Jean-Pierre Chabrol retourne définitivement en Cévennes. Sa santé l'oblige à ralentir son activité de conteur, mais il écrit ses derniers grands livres : "les Aveux du silence" en 1995, "les Mille et une Veillées" en 1997, "la Banquise" en1998, ainsi que deux volumes de contes. Ses deux derniers romans en 2000, "Colère en Cévennes" et "le Muet", sera sa dernière résistance contre sa mort. 

JEAN-PIERRE CHABROL

"moi j'ai toujours dit qu'être cévenol n'est ni un métier, ni une excuse. Ceux qui viennent s'installer ici, et ils sont nombreux, ont à mon avis plus de mérite que ceux qui se sont donné que la peine de naître ici... l'important, c'est de savoir où on veut aller, ce qu'on apporte au pays, à ce pays qui a besoin des hommes".

- signé Jean-Pierre Chabrol, extrait de sa biographie   

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sources: extraits de texte jeanpierrechabrol ; ladepeche ; babelio ; universalis  

janvier 2019 

pipelet

 

 

pipelet