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Charles Robert DARWIN

Naturaliste scientifique anglais 

CHARLES DARWIN

Né à Shrewsbury dans le Shropshire, il y a tout juste 210 ans, le 12 février 1809 d'un père médecin et d'un grand-père naturaliste. Enfant, il collectionne les minéraux, les coquillages, les cachets de poste… et ne montre pas de grand intérêt pour les études "on me considérait comme un garçon fort ordinaire, plutôt au-dessous de la moyenne" - "à ma grande mortification, mon père me dit un jour 'vous ne vous souciez que de la chasse, des chiens et de la chasse aux rats et vous serez une honte pour votre famille et pour vous même' ". Pourtant il exerçait en compagnie de son frère Erasme à faire de la chimie, ce que luis valut une réprimande du maître d'école, le blâmant perdre son temps à des sujets inutiles. Charles commence donc en 1825 des études de médecine à l'université d'Edimbourg. Il fut membre de la Royal Medical Society. Les cours l'ennuient et, au bout de deux ans, il arrête ses études. en 1827 il change de voie et commence à étudier la théologie à Cambridge pour devenir pasteur. Peu intéressé par les cours, il continue de chasser et se passionne pour sa collection de coléoptères. Il suit avec intérêt les conférences sur la botanique de John Stevens Henslow avec qui il se lie d'amitié. Leurs discussions sont nombreuses sur différents sujets. Henslow le persuade d'étudier la géologie. Mais ces cours de géologie, il les jugeait incroyablement ennuyeux. La chasse, les course, les diners, les cartes firent le fond de ses occupations.

En 1831, Henslow lui proposa, d'accompagner en qualité de naturaliste non rémunéré, le capitaine  Friz-Roy, chargé d'une expédition hydrographe à la Terre de Feu.  

Le voyage à bord du Beagle 

DARWIN - TRACÉ VOYAGE AVEC LE BEAGLE

Le Beagle sur lequel Darwin allait s'embarquer était un petit vaisseau de 242 tonnes, de genre de navires de couler par mauvais temps. Le départ eut lieu en décembre 1831, un long voyage de cinq ans autour du monde, en Amérique du Sud et dans les Îles du Pacifique.

Durant cette période, il recueille une énorme quantité d'observations biologiques et géologiques. Les phénomènes naturels qu'il constate, comme la distribution des fossiles, le persuadent qu'ils ne peuvent être expliqués par la seule création et que les espèces animales et végétales ne sont pas immuables. Or le voyage fut très pénible pour Darwin. Il était très étroitement logé, sensible à l'excès au mal de mer. 

En 1832, en Uruguay à Montevideo, trouvant des fossiles de grands tatous, il constate que l'espèce a diminué de taille, premières hypothèse d'évolution!? C'est surtout dans les Iles Galapagos, en 1835, que ses observations l'amènent à élaborer l'ébauche de la théorie. Il remarque qu'une même espèce retrouvée sur plusieurs Îles présente des différences notables. Le cas des pinsons est exemplaire de ces évolutions : suivant le lieu, le bec est adapté à différentes sortes de nourritures… 

 

À son retour à Londres en 1839, Charles Darwin publie le récit de son périple, -Voyage d'un naturaliste autour du monde- et commence à exploiter la masse de données qu'il en a ramenées. Darwin se lia beaucoup à cette époque avec le géologue Lyell qui venait de publier ses célèbres -Principles of Geology- et accepta de 1838 à 1841 les fonctions de secrétaire de la société géologique.

Charles Lyell, géologue, émet l'hypothèse que la terre se transforme au fur et à mesure de l'érosion et des éruptions volcaniques. Charles Darwin écrit, en 1837, un -Carnet sur la transmutation des espèces- qui reprend ses observations et ses principales réflexions. Thomas  Malthus publié en 1798 un essai sur -la population, où l'économiste démontre que, la population augmentant perpétuellement, il existe une lutte pour la survie, et que seuls les individus présentant un avantage quelconque pourront survivre-. Cet ouvrage va fortement influencer Charles Darwin. 

 

DOWN HOUSE (maisons-ecrivains)

 

En 1839, Darwin épousa Emma Wedgwood, et se sont installés à Londres. Mais sa santé s'accommodant mal de la vie de la grande ville, il acheta une propriété à Down. C'est là qu'il allait passer le reste de sa vie dans le silence et la verdure. Il se levait de bonne heure et, après avoir fait une courte promenade, il travaillait durant la matinée, tandis que l'après-midi il visitait ses serres, ses champs d'expériences ou il se promenait dans la campagne en observant les oiseaux, les animaux et les fleurs.

En 1842, Darwin publie 'The Distribution of Corals Reefs', véritable compilation de ses observations sur les récifs coraliens recueillies pendant son voyage. Tout en continuant ses recherches sur l'évolution, il publie des ouvrage  consacrées à la sélection naturelle. Il publie des ouvrages sur la géologie de l'Amérique du sud en 1851 et en 1854 sur les Îles volcaniques. 

En 1858, Darwin apprend que Alfred Russel Wallace, naturaliste, prépare également une théorie sur le même sujet de prédilection, évolution, "De la tendance des variétés à s'écarter indéfiniment du type primitif", rédigé sur les Îles Ternate, fut adressé pour avis à Darwin. Sur la proposition d'éminents confrères, l'essai de Wallace. Un arrangement qui favorisa Darwin, le 01 juillet 1858, Charles Darwin et Alfred Wallace présentent conjointement leurs travaux à la Linnean Société de Londres. 

 Charles Darwin poursuivait avec patience infinie ses observations et  ses réflexions journalières et c'est grâce à ce labeur ininterrompu que malgré ses scrupules excessifs, malgré une défiance extrême à ses propres idées, il a laissé une des œuvres les plus considérables qui soient dues à un naturaliste. Charles Darwin s'éteint à Down, le 19 avril 1882 à l'âge de 73 ans. 


"les espèces qui survivent ne sont pas les espèces les plus fort, 

ni les plus intelligentes, 

mais celles qui s'adaptent le mieux aux changements" 

signé : Charles Robert Darwin

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source extraits de texte : hominides ; e-equateur ; atheisme ; biographie Charles Darwin 

12 février 2019

pipelet

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Le phototropisme 

Mouvement des Plantes vers la Lumière (giardinaggio)

Charles DARWIN , botaniste a été le premier à s'affronter de 1830-1840 avec sa perspective 'Exemple de phototropisme de Darwin'- "trois jours après le début de leur germination, en placant  des coléoptiles de haricots à côté d'une source de lumière. A ce stade, les cellules du coléoptile ont cessé de se diviser par mitoses et la croissance s'effectue uniquement par élongation des cellules. Après environ 4 heures d'exposition, on constate une forte inclinaison des pousses en direction de la lumière. Ce mouvement est appelé phototropisme, il est positif car la plante se dirige vers la lumière. Ce phénomène se produit aussi avec d'autres plantes, comme le blé, l'avoine, le tournesol…"

Réaction des Plantes vers une source d'énergie (slideplayer)

Le phototropisme représente une réaction fondamentale des plantes à leur environnement lumineux d'autant que la lumière, par la photosynthèse représente la source d'énergie. Le phototropisme fait intervenir une régulation de la croissance indulte principalement par une hormone : l'auxine. Comme celle-ci a un effet différent sur les tiges et les racines, ceci explique que les mêmes stimuli externes se traduisent par des réactions différentes selon les organes. Ce phénomène a été découvert et analysé au siècle dernier par Charles DARWIN.

sources : extraits de texte - charlesdarwin.fr - omnilogie.fr - aujardin.fr

mai 2015   

pipelet

 

 

 

 

2019 Portrait d'un Historien de Septimanie

Pierre-Albert Clément écrivain Français


Pierre-Albert CLÉMENT Historien

Pierre-Albert Clément, né le 04 septembre 1924 à Nîmes, et décédé le 26 novembre 2014 à Alès. Il passe son enfance à Canaules dans le Gard où son père était instituteur. Élève au Lycée d'Alès, très studieux, "je n'ai jamais eu de notes fabuleuses en dissertation. Toutefois j'ai accumulé un très riche vocabulaire car j'ai dévoré quantité de romans et de récits historique".

La résistance et le maquis

Pierre-Albert Clément Inauguration Stèle au Champ-Domergue 2012

En 1943, il prépare l'École Militaire de Saint Cyr et l'École des hautes Études Commerciales à Montpellier. En 1944, il s'engage très jeune dans la résistance au maquis de Saint-Fézal-de-Ventalon en Lozère, est affecté au camp de Champ-Domergue et en août 1944, dans l'Ilôt de résistance à Saint-Ambroix. En août il a été blessé par une balle explosive où il a fracassé son bras droit. Il recoit la médaille de Légion d'honneur pour actes au péril de sa vie et la médaille de la Libération. En septembre 1944, il a été affecté à l'hebdomadaire "Le volontaire des F.T.P., où il a alors rédigé ses premiers articles, puis au journal L'Assaut qui lui succède jusqu'au septembre 1944.

 Les études

 1944 il recu au concours d'entrée HEC et sortait licencié en lettre en 1947 et docteur en droit en 1952. Devenu membre non-résident de l'Académie de Nîmes et Président du "Lien des chercheurs Cévenols" À la fois homme de cabinet et homme de terrain, Pierre-Albert Clément a pris une part active à la refondation de l'histoire du Languedoc. 

Chemins à travers les âges

Pierre-Albert Clément, spécialiste des chemins de circulation et des drailles du littoral languedocien, des murailles protectrices des Cévennes et au Massif Central par le flux et le reflux des migrations humaines, aussi loin que l'on puisse remonter dans l'histoire de la région. son ouvrage "Les chemins à travers les âges en Cévennes et bas Languedoc" montre le brassage continuel des populations, dès le Néolithique en passant par le Chalcolithique, du ibéro-ligure du premier âge de fer, de l'ethnie celte des Volques à l'occupation romaine et ses colonies de légionnaires, des grandes invasions des groupes wisigoths au réveil commercial du Moyen-Âge. ainsi, au long des siècles, l'isthme languedocien se perpétuera en un gigantesque creuset où se fondront des populations aux charactères originaux divergents.

Les Chemins à travers les Âges en Cévennes et le bas Languedoc,

Clément, Pierre-Albert

ISBN 978-2-35414-023-6  Nouvelles Presses du Languedoc NPL Editeur

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 Ambrussum- Via domitia

 Tout au long de son histoire, cette zone de passage a été marquée d'une empreinte invariable. Première région francaise à  avoir été pourvue d'un système cohérent de voies de communication, elle a vécu depuis au moins trois millénaires pour et par son réseau de chemins. Dans son ouvrage "La via Domitia, des Pyrénées aux Alpes", Pierre-Albert Clément sait nous transmettre par sa recherche scientifique, ce réseau de chemins de liaison qui ont constamment fait rêver ceux qui se  passionnent pour l'histoire de l'Antiquité. 

"La via Domitia, qui reliait l'Italie à l'Espagne à travers la Gaule méridionale", est devenue un véritable modèle, tant sur le plan de la recherche scientifique que sur celui de la mise en valeur touristique.

Cet ouvrage nous permet de marcher sur les sections miraculeusement épargnées, de visiter les villes nées sur le passage, avec leurs riches vestiges romains et romans et d'entrer dans des musée où sont évoqués la vie et l'environnement des habitations, 2000 ans en arrière. La voie commence à Gérone en Catalogne et se termine à Suse, dans le Piémont italien. La voie romaine porte en elle une forte symbolique. Dans l'imaginaire collectif elle est assimilée à toute-puissance d'un immense empire qui a été le premier à mettre en place un réseau structuré de chemins. 

La via Domitia, des Pyrénées aux Alpes, Clément, Pierre-Albert

ISBN 978-2-7373-4412-1 Editions OUEST-FRANCE

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Aux origines de l'estivaduro et de  drailles 

la peyre plantade Causse-Cévennes

 Ce sont certainement les mires naturelles. comme les pierre levées "la peyre plantade" en occitan, qui ont donné à l'homme l'idée de repérer lui-même ses premiers itinéraires. D'autres points de convergence des premiers itinéraires ont été les enchancrures ouvertes oar les cours d'eau. Les dernières découvertes en matière de viographie, la science des chemins confirment que les plus anciennes pistes repérées souvent en continu sur plusieurs centaines de kilomètres suivent fidèlement les lignes de partage des eaux. C'est qu'on appelle en occitan "l'aiguovers" traduit "eaux versantes". D'autre part, en cheminant de cime en cime, il est bien plus facile de s'orienter. Des pistes néolithiques existent encore et porte le nom ciblé de "tsami de lou Faitri" en occitan, "Chemin des Faites". 

Transhumance - Draille Causse-Cévennes

"l'estivaduro" - Troupeaux de Transhumance

Il faut souligner qu'en Occitanie le nom de draille "dralha" est très fréquent dans les territoires occupés autrefois par les ethnies celtes, la draille a souvent servi de voie de transhumance. Le mot de transhumance, importé d'Espagne au début du XIXe siècle, n'est jamais prononcé par les bergers occitans. Lorsqu'ils pratiquent le cyclo-pastoralisme, ils emploient les verbes estiver, endrailler ou amontanher. L'archólogie nous apporte une date post quem concernant l'estivaduro accompagnée par l'homme.  

On trouve des textes relatifs au cycle-pastoralisme dans le bassin méditerranéen, dès le premier millénaire av. J.C.. Le phénomène de l'estivaduro caractérise le bétail à laine. Les déplacements saisonniers des troupeaux ont contribué à accentuer la complémentarité des plaines et des montagnes pendant plusieurs millénaires. Pendant la première quinzaine de juin, à une date déterminée par le calendrier lunaire, les immenses troupeaux quittaient les sites d'hivernage des plaines pour gagner leurs estives d'altitude. Deux haltes-étapes marquaient la journée de draille. Partis aux premières lueurs du jour, bêtes et bergers marchaient environ cinq heures et s'accordaient une pause pendant à peu près le même intervalle de temps pour les arrêts de midi et du soir se sont perpétués au long des siècles sous les noms de pauses, des parades, des aires, des pargués et des corts.

"En Cévennes avec les bergers" 

Pris de passion pour les univers particulier, Pierre-Albert Clément se penche sur le devenir d'un des plus vieux métiers du monde, en accompagnant les bergers d'Occitanie et en suivant les troupeaux de moutons à travers garrigues, causses et Cévennes pendant cinq jours, en accomplissant ainsi un véritable voyage à l'intérieur du monde secret et mystérieux des éleveurs d'ovins. Dans ce nouveau livre "En Cévennes avec les bergers" l'auteur nous dévoile cette marche à l'estive dans cinq carnets de route qui se présentent chacun comme un véritable récit d'aventures, mêlés de tendresse, de l'humour sans cesse présent, sans oublié de transmettre au lecteur, la découverte de nombreuses informations inédites sur l'histoire, la géographie, l'agronomie et l'ethnologie d'une des contrées les plus attachante d' Europe.

En Cévennes avec les bergers, Clément, Pierre-Albert 

ISBN 978-2-85998-085-7  Nouvelles Presses du Languedoc, Max Chaleil Éditeur 

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Pierre-Albert Clément Salon du Livre à Sauve

Pierre-Albert Clément a présidé le second Salon du Livre à Sauve dans le Gard, un Président atypique, forte personnalité. Gourmand de connaissance et curieux de savoir, il cherche, se renseigne, compare. Il met la dernière main à un ouvrage témoin de ses premiers amours "l'Histoire de Sauve". En décembre 2011, dans le cadre du deuxième salon de Livre, l'auteur a pu dédicacer ses ouvrages et a donné avec grand succès une conférence-débat sur les richesses de Sauve.

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En 2012 en mai, il inaugure la stèle consacrée au maquisards à Champs-Domergue

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"Pierre-Albert Clément est parti pour sa dernière transhumance le 26 novembre 2014. Mais, il nous a laissé des traces indélébiles auprès de ceux qui ont partagé son pas assuré et généreux sur le chemin hasardeux des hommes." 

-  Donato Pelayo et Tristan Cuche  -

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sources de ce reportage:

extraits de texte livre.fnac; autour-des-auteurs (ada); éditions-ouest-france; commune de Sauve (Gard); midilibre; parc-national-des-cévennes; 

février 2019  

pipelet

 

 

Lorsqu'on parle des Cévennes

on ne peut pas contourner un de ses grands écrivains de sa région


Jean Pierre CHABROL    "un homme à la fois libre et engagé" 

Jean-Pierre CHABROL écrivain


  Jean Pierre Chabrol -

 "je cherche toujours à savoir qui je suis, qui j'étais alors, et pourquoi mes angoisses se multiplient avec l'âge, et s'inscrustent. D'après Zola, y a-t-il autre chose en art que de livrer ce qu'on a dans le ventre? Alors cet été-la, pardonnez-moi, je me suis soulagé: ma Cévenne, mes voisins, mes parents, mes amis, les mineurs, les paysans, mon atavisme huguenot, mes idéaux marxistes, sur la terre comme dans le ciel, et sous la terre, la tramontagne, la vigne et le charbon, un 'mescladis' selon le vocable occitan, tout cela partait d'un lieu, un village que je nommais 'Clerguemont', qui rayonnait comme un soleil dont la chaleur allait réverbérer jusqu'à Paris, jusqu'à Hambourg...."

"J'étais loin de ma vallée, loin de mon enfance. La nostalgie est créative. Jamais je n'ai été aussi seul, mais j'étais habité, en communication directe avec mon enfance, ces années de simple bonheur, un fabuleux mois d'août. Je voudrais retrouver aujourd'hui l'état d'esprit qui était le mien ce jour où je tracais les premiers lignes du premier tome. Trente ans déjà! je voudrais comprendre, me comprendre...Je crois bien que je n'y arriverai jamais. La vie, ma vie, se sera passée dans l'inconscience, ma légèreté comme disaient les professeurs. Et puis, bizarrement, un beau jour, je me suis laissé pousser la barbe et on m'a pris pour un homme sérieux" - signé Jean-Pierre Chabrol

 (extrait de la préface de la publication - Gens de la Cévenne- , Omnibus, édition de 1993) 

Pont-de-Rastel - Chamborigaud  

Jean-Pierre Chabrol, est né le 11.06.1925 dans l'école laique de Chamborigaud (dans le Gard), en terre cévenole, fils des instituteurs, il a été élevé au Coeur des Cévennes, au pied du Mont Lozère et de la montagne du Bougès. après une enfance heureuse au mas de famille le Gravas, la ferme de ses ancêtres, construite de 1310 à 1325  au Pont de Rastel, petit hameau de la commune de Génolac. 

Il effectue ces études primaires et secondaires à Alès capitale du bassin minier des Cévennes, où ses parents exercent désormais leur profession, Très tôt, il s'intéresse au dessin et à la poésie, il rêvait devenir dessinateur. En 1942, enpleine période de guerre, il passe son bac, puis il est admis en khagne, (classe préparatoire de lettres) à Paris. 

Pont de Montvert

Lors de son retour en Cévennes, il rentre en contact avec des résistants, puis menacé d'arrestation par la Gestapo, il décide prendre le maquis en 1944. Adolescent douillet et inconscient, quitte son cocon pour la haute montagne rebelle. Il monte pour rejoindre des gaullistes, où il tombe par erreur sur des jeunes communistes, dont le drapeau est rouge et le chant - l'Internationale. Ce hasard marqua profondément son destin. Le maquis du Bougès étant cosmopolite et à proximité des mines qui ont attiré une main d'oeuvre venant de nombreux pays. À ces mineurs s'ajoutent des refugiés fuyant les dictatures qui s'installent en Europe. De ses rencontres, Chabrol conserve un grand esprit internationaliste, ainsi qu'une attirance marquée pour le monde ouvrier, pour les milieux modestes, qui lui fournissent de nombreux personnages de ses romans. C'est aussi dans le maquis qu'il prend conscience de son hérédité cévenole. 

"je me croyais cévenole pur sang,

mais seul le maquis m'a appris ma Cévenne"

"Les quelques mois de printemps et d'été 1944 que j'ai appris dans le maquis communiste sur ma montagne cévenole ont été décisifs sur ma formation, ma psychologie et ont orienté ma vie tout autrement que l'avaient préparée mes parents et que je l'envisageais moi-même.... Le secret était la règle absolue en arrivant on se dépouillait de tout, on ne pouvait garder rien de personnel, rien qui permette de vous identifier, vivant ou mort. 

On perdait son identité, on recevait un nom de guerre. Ce dénuement si parfait procurait paradoxalement une sorte de soulagement, on naissant une seconde fois... Quand on couche vraiment à même la terre, ca change tout, on sent ce pays qui vous pousse dans les reins. Tel l'un des fiers mots de passe des camisards 

-la terre est mon lit, hurlait la sentinelle du Désert-   -le ciel est ma couverture, devait répondre l'arrivant- 

Je n'ai pas été un héros de la Résistance, ma participation a été d'un poids négligeable dans un rapport des forces en présence, je n'étais qu'un gamin inconscient et crédule"

extrait de texte de- l'Épreuve du maquis, du roman -un Homme de trop-

signé: Jean-Pierre Chabrol , Omnibus édition 1998 

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À la libération, il suit l'Armée francaise jusqu'en Allemagne et en Autriche. Démobilisé, incapable de reprendre ses études, il vit à Paris où il gagne ses premiers sous comme dessinateur et caricaturiste à l'Humanité (quotidien communiste). Il éprouve beaucoup de difficultés, comme beaucoup de ses camarades, dans le retour 'a la légalité. Bientôt, il se fait remarquer par la qualité de ses chroniques et on lui confie la rubrique des faits divers et des reportages. Ses camarades appréciant davantage sa facon d'écrire que sa facon de dessiner, il devient rapidement chef de l'information à la collaboration au journal l'Humanité et au parti communiste, du jour de l'invasion soviétique à Budapest, en 1956. Le goût de liberté et celui de la contestation reprennent le dessus.

Jean-Pierre Chabrol opte non plus pour l'enseignement, mais pour le journalisme et pour l'écriture romanesque, qui sera la voie royale de ses successives "résurection", il poursuit sa quête des origines. Il écrit en francais, mais il sent en occitan, et c'est ce qui donne son intensité à sa rencontre avec Claude MARTI, instituteur à Couffoulens dans l'Aude, chanteur, militant occitaniste, avec qu'il écrit plusieurs livres.

Les Cévennes 

La Dernière Cartouche, CHABROL,Jean-Pierre

Il rencontre alors Louis ARAGON, qui l'encourage à écrire son premier roman "La dernière Cartouche" qui se déroule pendant la guerre d'Indochine et l'incite à le publier en 1953. Puis Un homme de trop", sur le sujet de la résistance, publié en 1958, Costa GAVRAS en a fait un film réunissant des acteurs prestigieux. On y retrouve les thèmes chers à Chabrol, ceux qui parsèment son oeuvre, à savoir les Cévennes, les camisards, le maquis et surtout les petits gens, le peuple qu'il sait si bien décrire.

Le succès vient en 1961 avec "Les fous de Dieu", l'histoire évoque la guerre des Camisards dans les Cévennes, suivi en 1965 de la trilogie des "Rebelles", l'histoire de son village natal dans les années 30, "La Gueuse" en 1966 et "l'Embellie" en1968. Les trois romans forment une large chronique de la Cévenne et est en même temps une chronique autobiographique.

"tendre et violente Cévenne.... Nous descendions de notre camp du Bougès par les mêmes sentiers que le grand Abraham MAZEL. Je n'aurais jamais écrit "Les Fou de Dieu" si je n'avais pas crevé de froid sur le Bougès, couché le long d'un vieux mauser" 


L'oeuvre de Jean-Pierre Chabrol se trouve donc marqué par une double influence : celle du mouvement ouvrier, ses sympathies hésitent longtemps entre le communisme et l'anarchisme et celle de son hérédité cévenole, il est athée mais se sent profondément lié au destin de ses ancêtres protestants. 

Jean-Pierre Chabrol conteur à mi-voix. Lors d'une intervention à la télévision, on découvre les talents de Jean-Pierre Chabrol pour le conte. Avec la série des "conteurs" il marque son époque. Dès les années 1960, son goût des histoires qu'on se transmet à la veillée et de génération en génération, l'amène à participer l'aventure à faire revivre devant la cheminée, par ses talents de conteur, les récits de son enfance.   "-Veillée-, -Coin de feu-, sont des mots à la mode et singulièrement depuis qu'il n'existe plus ni cheminées, ni voisins, que la veillée devient, par la télé, une et semblable pour tous. Je me laisse dire parfois que je n'y suis pas pour rien, malheur de moi !"

au Gravas - Pont de Rastel

Jean-Pierre CHABROL (jeanpierrechabrol)

En 1968, fortement empreint de nostalgie, et encore plein d'espoir dans l'avenir de sa région, il retourne aux Cévennes où il s'installe dans le vieux mas. Il enchaine des émissions de radio, des reportages, des pièces de théâtre, des livres. 

Mais le bassin minier lutte pour sa survie, la vielle maison, le village mourant lui pèsent désormais, la fermeture progressive de tous les puits de mine conduit Chabrol au bord du désespoir littéraire. 

Après un dernier livre sur le mouvement ouvrier "le Canon fraternité", écrit en 1971, dont l'action se déroule cent ans plus tôt sous la commune de Paris. 

Il remonte à Paris, il écrit "la Crève-Cévenne", où il évoque la mort du vieux pays, à travers le vieillissement et la mort de ses habitants. C'est un cri de colère, "crever sa mort dans la mort de sa terre" - "les feuilles mortes ont un poids qu'elles font crier le sol", publication en 1972. Puis en 1976 "dans la Cévenne par les gens", une bonne dizaine de romans  vont suivre, pour ne pas les énumérer, en passant par "le lion est mort ce soir" en 1982 où "le Bonheur du Manchot" en 1993, "les Aveux du silence" en 1995.

Jean-Pierre Chabrol et ses amis

LES AMIS DE JEAN-PIERRE CHABROL (l'Express)

Entretemps, la télévision et la radio font de Jean-Pierre Chabrol le conteur le plus célèbre du pays. Et quand il monte sur les planches du théâtre vers la fin des années 90, à 60 ans passés et trente bouquins publiés, pour une série de tournées en France, en Suisse, en Belgique, "c'est pour surmonter un coup de déprime" dû à la disparation successive de ses amis: Mac Orlan, Jacques Brel, Aragon, Brassens et Lanoux, de ses parents, de sa femme. Mais il a l'énergie chevillée au corps.

Retour aux sources 

LE VIADUC DE CHAMBORIGAUD arrière plan le MONT LOZÈRE (techno-science)

En 1995, Jean-Pierre Chabrol retourne définitivement en Cévennes. Sa santé l'oblige à ralentir son activité de conteur, mais il écrit ses derniers grands livres : "les Aveux du silence" en 1995, "les Mille et une Veillées" en 1997, "la Banquise" en1998, ainsi que deux volumes de contes. Ses deux derniers romans en 2000, "Colère en Cévennes" et "le Muet", sera sa dernière résistance contre sa mort. 

JEAN-PIERRE CHABROL

"moi j'ai toujours dit qu'être cévenol n'est ni un métier, ni une excuse. Ceux qui viennent s'installer ici, et ils sont nombreux, ont à mon avis plus de mérite que ceux qui se sont donné que la peine de naître ici... l'important, c'est de savoir où on veut aller, ce qu'on apporte au pays, à ce pays qui a besoin des hommes".

- signé Jean-Pierre Chabrol, extrait de sa biographie   

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sources: extraits de texte jeanpierrechabrol ; ladepeche ; babelio ; universalis  

janvier 2019  

pipelet

 

 

Comment on devient berger

"amount, sur l'aigo-vers, lou pastre pensatieu,

en l'onor dou pais, enausso uno montjoie

e marco le pasquié ounte a passa l'estieu" 

 

 

"la-haut, sur la ligne de partage des eaux, le pastre soucieux,

en l'honneur du pays, élève une montjoie

et marque le pâturage où il a passé l'été"

Frédéric MISTRAL  

prochainement sur cette page

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pipelet